T. II, p. 281, 282. Cf. t. VI, p
momens songer en Dieu et le prier, aussi est bonne et salutaire ceste mort soudaine, comme (aussi bien que) la plus languissante ; si ay-je ouy dire à un grand personnage théologien 1 . »
X. Troisième guerre civile. — Coligny et les princes d'Orange et de Nassau a Brantôme.
La paix, la petite paix, comme on l'appelait 2 , avait été conclue le 313 mars (1 568) ; cinq jours après, le 28, Brantôme signait au trésorier de l'Épargne une quittance de 500 livres tournois à lui accordées par le roi en faveur et considération de ses bons et agréables services faits à Sa Majesté aux guerres passées 3 .
Une note ajoutée au bas de la quittance porte : c II y en a une autre de 2,000 livres, en date du 4 er dé-
2. On la désigne aussi sous le nom de paix boiteuse et mal assise, parce que les deux négociateurs du côté du roi étaient Biron, qui était boiteux, et le maître des requêtes Malassise.
3. En voici la teneur, dictée, à ce qu'il semble, par Brantôme lui-même : c Nous, Pierre de Bourdeille, s r de Brantôme, confessons avoir reçu comptant de Pierre-Raoul Moreau, conseiller du Roy et trésorier de son espargne, la somme de 500 livres tournois en 200 escus pistolets, à 50 sols pièce, que ledit sieur nous a donné en faveur et considération des bons et agréables services par nous cy-devant et de longtemps faits à Sa Majesté es guerres passées, lesquels nous continuons es présentes, que pour nous donner plus aisé moyen de suporter les frais et despenses qu'il nous a convenu et convient faire en cette occasion; de laquelle somme nous nous tenons contens et bien payez, et avons quitté et quittons ledit m e Raoul susdit et tous autres. En témoin de ce nous avons signé la présente de nostre main et à icelle fait mettre le scel de nos armes en cire rouge. » (Copie d'après l'original sur parchemin. Bibl. nat., Pièces originales! in-fol., ms. n° 10294, pièce n» 141.)
cembre 4568, où il est qualifié de gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. » Il a donc été nommé à cette charge dans la même année; ces 8,000 livres étaient les arrérages de la pension qu'il indique dans son testament * .
Cette paix qui avait mis fin à la seconde guerre civile 2 ne devait pas durer longtemps ; elle avait accordé trop d'avantages aux protestants. Au bout de six mois, le 28 septembre (1568), fut enregistré un édit révoquant toutes les concessions antérieures et interdisant dans le royaume, sous peine de mort et de confiscation de biens, l'exercice de toute autre religion que la religion catholique. Ce fut le signal d'un soulèvement général des huguenots, et alors commença cette troisième guerre où se commirent tant de perfidies, de meurtres, de pillages et d'atrocités qu'Aubigné reconnaît qu'elle fut faite « en diables encharnez 3 . >
Théligny, qui, pendant quelque temps, avait gagné son ami aux idées de la réforme, crut qu'il lui serait facile de l'attirer dans son parti. Brantôme était alors en garnison à Péronne avec sa compagnie de gens de pied et venait d'avoir quelque petit mécontentement du roi. « M. le Prince et M. l'admirai le sceurent, dit-il.
1. « Gentilhomme ordinaire de la chambre des feus roys Charles neuviesme et Henry troisiesme, mes maistres, et pensionnaire de deux mille livres par an du susdict Charles neuviesme en son vivant. » (Testament, t. X, p. 120.) — Il y a dans les Pièces fugitives du marquis d'Aubaïs (t. I, 2 6 partie, article Mélanges, p. 72) une autre quittance de 2,000 livres en date du 1 er septembre 1570, « à lui ordonnées pour sa pension de l'année 1569. «
2. La seconda guerra, principiata con tanto spavento e finita cosi vituperamente, dit Gorrero, p. 120.
3. Aubigné, Histoire universelle, édit. de 1626, t. I, col. 576.
1i4 BRANTÔME
Hz m'envoyarent M. de Theligny (parce qu'il estoit mon très grand amy) me présenter beaucoup de bons et honnorables partys, si je voulois me mettre avecqu' eux et gaigner Péronne pour eux, dont j'en serois après gouverneur, et qu'ilz me fourniroient force gens pour m'y rendre le plus fort et la garder, comm' ilz n'avoient faute d'hommes. Alors je fis responoe que j'aymerois mieux mourir de cent mortz que de faire un si lasche et vilain party à mon roy que de lui trahir une ville qu'il m'avoit donnée en garde et garnison, ny de m'en ayder pour luy faire la guerre. Le roy le sceut quelques jours après, qui m'en sceut un très bon gré et m'en ayma plus que jamais. Voylà comment il se faut acquitter des charges qu'on a du roy, quelques mescontentementz qu'on aye de luy 1 . »
Ce ne fut pas la seule fois que la fidélité de Brantôme fut mise à l'épreuve. Lors du complot du duc d'Âlençon , de la Mole et de Coconnas, « il avoit été convié à la fricassée*. » Quand il eut à se plaindre de Henri III au sujet de la sénéchaussée du Périgord : « Monsieur, frère du roy, me fit parler, dit-il, pour estre à luy, car il m'aymoit naturellement, et ne faut point doubter que, sans sa mort, je l'eusse suivy.
« La Ligue se remue. M. de Guyze, qui aussi m'aymoit fort, m'en parle assez sobrement, sans déclairer contre qui il en vouloit. Je fus aussi sobre en responoe, mais pourtant en voulonté de courir sa fortune, n'estoit que de longtemps je cognoissois le naturel d'aucuns de ceste maison, qui sont promptz à rechercher