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lors, c'estoit une très grande amitié et privauté entr'eux deux, bien despuis estrangement changée 1 . »
Le jour du grand assaut 2 , Strozzi, qui devait faire la seconde pointe, après Goas, lequel venait d'y être blessé mortellement, ayant pris langue de lui, et ne tenant aucun compte d'un avis de Monluc, qui lui avait recommandé de se faire précéder par les soldats, monta sans marchander à la brèche et sans s'inquiéter qui le suivait. Il n'avait avec lui de gentilhomme volontaire que Brantôme, car < Monsieur avoit défendu que nul gentilhomme y allast, craignant perdre la noblesse, mais à moy, comme à son amy privé, la loy ne s'y addressoit. » — Je lui dis : < Monsieur, vous ne faictes pas ce que M. de Montluc a dict. — C'est tout un, Branthome, me respondit-il. Allons, nos gens auront meilleur courage de venir quand ilz me verront à la teste marcher le premier pour leur monstrer le chemin 3 . » Mais, au milieu de la montée, il fut atteint par une arquebusade qui le renversa sur les pierres qu'une explosion de mines avoit amoncelées 4 . Nous le crûmes mort, mais il ne se froissa que les jambes et la tête. » L'assaut fut repoussé. Le duc d'Anjou, qui avait tout vu, fit venir Strozzi et lui commanda de recommencer l'attaque d'après un mauvais renseignement donné par Monluc, qui trouvait la brèche < très bonne et très raisonnable. — Il le vous semble, Monsieur, » dit alors Brantôme, qui assistait à l'entrevue, < elle est si raisonable que, par