‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 13 sur 291 · Montaigne, Essais, liv. III, ch. vm (t. III, p · texte numérisé non relu

Montaigne, Essais, liv. III, ch. vm (t. III, p

infinité sur toutes sortes de sujets, sans grande méthode il est vrai, et un peu à tort et à travers, et, quoique ce soit aussi un peu à tort et à travers qu'il a utilisé ses lectures, il faut le louer sans réserve d'avoir bravé le préjugé de la plupart des hommes au milieu desquels il passa sa vie et à qui « on ne proposoit pour toute béatitude que l'honneur et pour toute perfection que la vaillance 1 , > et d'avoir prouvé par son exemple « qu'il n'y avoit au monde si bon esmery pour bien faire reluire les armes que les lettres, et que mariées ensemble elles faisoient un beau lit de noces 2 . » De plus, dans ses voyages, dans les guerres et à la cour où il fréquentait volontiers les savants et les lettrés, il n'a laissé échapper aucune occasion de s'instruire, il a beaucoup vu, beaucoup observé, beaucoup écouté, aussi nous a-t-il donné, sous une forme aussi piquante qu'originale, un ensemble d'écrits qui représentent une dose énorme de travail et forment une source précieuse d'information pour notre histoire au xvi e siècle.

IL Premier voyage de Brantôme en Italie.

Son éducation terminée, Brantôme se rendit à la cour où devaient le faire bien accueillir les grandes alliances de sa famille, le renom de ses frères et peutêtre aussi la présence d'une de ses sœurs dont nous aurons occasion de parler, Madeleine, fille d'honneur de Catherine de Médicis depuis 1 554. Il y était au plus

1. Montaigne, Essais, liv. II, en. xvn (t. II, p. 360). — « Il est mal séant à un guerrier de savoir, » dit Béroalde de Yerville. (Le Moyen de parvenir, édit. de 1841, p. 207.)

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