La Mort des rois de France, p
3. c Vous ne portez point d'affection ny adjoustez foy à nous autres femmes et faictes plus de cas de la chasse et de vos chiens que de nous autres, » lui disait un jour une dame de sa cour. (T. Y, p. 274.) — Voy. sur son traité de la chasse la note de la page 86 du môme volume. — C'est à lui qu'Amadis Jamyn dédia son poème sur la chasse, Œuvres poétiques, 1579, in-12, p. 64.
4. Ainsi il trouve moyen de nous parler du couronnement de Gharlemagne à Rome, de la guerre des Parthes, de l'éléphant d'Haroun-al-Rechid, du cheval vert de Septime-Sévôre, etc., etc.
M. de Sipierre furent neutralisés par la néfaste influence de Raiz, sûr son amour des lettres, ses habitudes, dont Tune d'elles mérite d'être notée. Il lui arrivait souvent de se lever au milieu de la messe et, à l'exemple de son père, d'aller au lutrin, au milieu des chantres, c chantant sa taille et le dessus fort bien..... Son frère (Henri III) chantoit très bien aussi 1 . » Je crois que ce fut le dernier roi qui se soit passé cette pieuse fantaisie.
Malgré la faiblesse de sa constitution, il était passionné pour les exercices violents, et il avait une forge, probablement à l'imitation du duc de Savoie, c Je l'ay veu, dit Brantôme, forger canons d'harquebuzes, fers de chevaux et autres choses, aussi fortement que les plus robustes mareschaux et forgerons qui fussent aux forges 2 . Il vouloit tout savoir et faire, jusqu'à faire l'escu, le double ducat, le teston et autre monnoye, ores bonne et de bon alloy, ores falciffiée et sophistiquée, et prenoit plaisir à la monstrer ; voire qu'un jour je le vis qu'il en monstra à M. le cardinal de Lorraine : c Voylà, disoit-il, M. le cardinal, que j'ay faict : cellec là est bonne, celle-là ne vaut rien ; mais monstrez-
1. T. V, p. 284. — « J'ay veu, dit Le Poulchre, François, fils et frère du roy, dernier duc d'Anjou, chanter très bien une bassecontre en sa chambre; j'ay veu au siège de Poitiers Monsieur de Mayenne, fort jeune, chanter délicatement un super ius. Il chante aujourd'huy une basse très bien. » Passe-temps, liv. II, p. 34. — Voy., dans les Annales de Saint-Bertin, ce que raconte le chroniqueur sur le roi Robert II, qui, revêtu de ses habits royaux et couronne en tète, allait diriger le chœur aux offices et y chantait avec les moines.
2. Voy. YOde au roy Charles II sur sa forge, dans le livre premier des Œuvres poétiques d'Amadis Jamyn, 1579, in-12, p. 56. — Pour la forge du duc de Savoie, voy. plus haut, p. 106, note 2.
« la à qui vous voudrez ; esprouvez-k à la oouppelle c ou au fœu, elle se trouvera bonne. > M. le cardinal ne luy sceut que respondre, sinon luy dire : c Ah c Dieu ! Sire, vous pouvez en cela faire ce qu'il vous c plaira, car vous portez vostre grâce avec vous ; la € justice n'y a rien à voir ny que vous reprendre, c comm' elle fairoit sur un autre 1 . >
Malgré les troubles incessants de ce malheureux règne, malgré la pénurie du trésor public, Catherine c prenoit plaisir de donner tousjours quelque récréation à son peuple ou à sa court, comme en festins, balz, danses, combats, couremens de bagues, dont elle a faict trois forts superbes en sa vie. L'un qui fut faict à Fontainebleau, au mardy gras après les premiers troubles, où il y eut et tournois et rompement de lances, combats à la barrière, bref toutes sortes de jeux d'armes 2 , » où Charles IX et son frère Henri firent assaut avec leurs maîtres d'escrime Pompée et Sylvie 8 ; puis à l'entrevue de Bayonne, et enfin aux Tuileries, lors de l'arrivée à Paris, en août 1573, des ambassadeurs venant offrir au duc d'Anjou le trône de Pologne. Cette fête se distingua des autres par son originalité. On y vit un ballet, « le plus beau ballet qui fut jamais faict au monde (je puis parler ainsy), lequel fust composé de seize dames et damoiselles des plus belles et des mieux apprises, qui comparurent dans un grand roch tout argenté, où elles estoient assises dans des niches en forme de nuées de tous costez. Ces seize dames représentoient les seize provinces de la France. Le