Page 3, note
baron <T Annebaut, et que le 1 5 juillet suivant il prenait possession de son abbaye. Enfin, il nous dit lui-même qu'en cette même année il passait à Gaëte. C'est donc dans les derniers mois de 1 S58 qu'il serait entré en Italie. Il n'avait pas encore vingt ans.
Le 2 avril 1883, on a vendu à Paris une collection d'autographes où figurait une pièce de Brantôme qui pourrait faire croire que son départ n'aurait eu lieu qu'en 1559. Elle est analysée ainsi sur le catalogue : t Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantôme, pièce signée. La Tour Blanche, 22 mai 1559. — Il déclare renoncer aux terres sises à la Goumarche, ainsi qu'aux droits que lui avait légués son père François de Bourdeille, par testament du 28 janvier 1546, en faveur de son frère François et moyennant la somme de 8,000 livres 1 . * Il y a évidemment là erreur de date. Gomme on vient de le voir, Brantôme était en Italie au mois d'avril de 1559, et il n'est guère possible d'admettre que, pour signer un pareil acte de famille, il soit revenu en Périgord qu'il aurait quitté bien peu de temps après puisqu'il se trouvait à Rome pendant la vacance du saint-siège. Pour expliquer cette contradiction, on peut à la rigueur supposer que l'acte aurait été rédigé à la date indiquée et la signature donnée seulement au retour de Brantôme , ce qui ne changerait rien à la date que nous assignons à son
1. Catalogue d'une précieuse collection de lettres autographes,., provenant du cabinet de M. le « te de S..., dont la vente aura lieu le lundi 2 avril 1883. Paris, Eug. Gharavay, 1883, p. 12, n° 50. — Je dois ce renseignement à l'obligeance de M. L. Deiisie. — La Tour-Blanche était une seigneurie appartenant au frère de Brantôme, André, vicomte de Bourdeille.
départ. Mais il y a une autre difficulté. Aucun de ses trois frères n'a porté le nom de François. Les deux survivants étaient le vicomte André et Jean, baron d'Ardelay. N'ayant point vu l'original de la pièce, je n'ai pu vérifier si l'analyse qui en était donnée était conforme au texte et ne contenait pas quelque inexactitude dans la désignation de la date et du nom.
Pour atteindre les Alpes, il prit par Genève, c les Suisses et les Grisons, parce que pour lors ce chemin par là estoit commun pour les François à cause des guerres 4 . » De cette première partie de son voyage, il n'a noté que deux incidents relatifs à son passage à Genève. Il y rencontra le vicomte François d'Aubeterre, dont le fils David épousa plus tard Marie de Bourdeille, nièce du voyageur : « II vivoit là, fort pauvre et misérable, devenu faiseur de boutons comm' estoit la loy là introduite que chascun eust mestier et en vesquit, tel gentilhomme et seigneur qu'il fust 2 . » Il y vit aussi un autre réfugié de sa connaissance qui ne craignit pas de venir le trouver en son logis. C'était un maraud d'apothicaire, qu'une fuite précipitée avait sauvé du châtiment auquel l'avaient exposé ses méfaits. A son interlocuteur qui lui demandait s'il était en cette ville « pour médeciner les belles filles comme il avoit fait en France, > il répondit hypocritement « que Dieu l'avoit appelé et qu'illuminé de son esprit il étoit venu là pour faire pénitence de ses péchés... Je tais, ajoute Brantôme, force autres propos que nous eusmes sur ce subjet, tant sérieusement qu'en riant 3 . » Je ne crois