J.-I. Merle, Ghambord, 1832, in-18, p
dit-il, dans les dernières années de sa vie, visitait
souvent Ghambord, accompagné de sa sœur la reine
de Navarre... *. Elle était avec lui lorsque, dans un de
ses moments d'humeur sombre, se rappelant le temps
où ses succès auprès des femmes étaient plus sûrs et
plus durables, il écrivit sur un des vitraux de sa
chambre à coucher, avec la pointe d'un brillant qu'il
portait à son doigt, ces deux vers si souvent cités
depuis :
« Souvent femme varie,
« Bien fol est qui s'y fie.
« On dit que Louis XIV, dans une disposition d'esprit différente, parce qu'il était alors jeune et heureux, sacrifia à M me de la Vallière les vers satiriques du roi vieux et désabusé 2 . »
Où M. Merle et M. de la Saussaye ont-ils puisé ces beaux renseignements? ils auraient été fort embarrassés de nous le dire.
J'ai beau protester contre toutes ces inventions, je crains bien que les historiens du château et surtout les auteurs de guides ne les reproduisent indéfiniment pendant que, de leur côté, les peintres, comme a fait jadis Revoil, continueront à représenter le grand roi François travaillant de son mieux à abîmer une petite vitre avec sa bague.
\ . Dans les deux volumes de lettres de cette princesse à son frère, publiées par Génin, il n'est question de Ghambord qu'une seule fois : « Je feusse plus toust partie, n'eust esté la grant'envie que j'avois de veoir Chambort, que j'ay trouvé tel que nui n'est digne de le louer que celuy qui l'a faict. » L'éditeur a daté cette lettre de Nérac, 1542.
2. Château de Chambord, par L. de la Saussaye, 3 e édition, revue et augmentée. Blois, 1837, gr. in«4°.
Deux mois avant la fuite du duc d'Àlençon, il s'était offert aux deux frères Bourdeille une occasion de se faire récompenser du zèle qu'ils déployaient pour le service du roi, et ils ne la laissèrent pas échapper 1 . Pierre Fournier, évêque de Périgueux, étant venu à mourir le 14 juillet 1575, quatre jours après, le 18, Henri III leur donnait par un brevet la nomination à Tévéché de Périgueux, qu'avait occupé au siècle précédent leur grand-oncle le cardinal Élie de Bourdeille 2 , c prélat, dit Brantôme, de très bonne et saincte vie, qui pourtant, saisi par trop de superstitions vaines et resveries du temps passé, ne fit jamais de bien à la maison, estant de ceux qui disent qu'il valoit mieux faire du bien aux pauvres qu'à ses parents 3 . »
Le choix des deux frères ne fut pas heureux; pour faire profiter leur famille de cette grâce du roi, ils allèrent chercher un de leurs cousins germains, François de Bourdeille, « un chétif petit moine de Saint-Denis, » qui parait avoir été, comme aurait dit Béroalde de Ver ville, c surmené de doctrine comme une écre visse de morsures de puces. » Leur tante, M me de Dampierre, « ne le vouloit, en me disant plusieurs fois , écrit Brantôme , que j'en maudiray l'heure de le colloquer en si haut lieu, ce vilain moyne, usant de ces propres mots, et que son père a voit faict souvent pleurer ma mère. Croyez que ceste honneste dame prophétisa bien ce coup 4 . > —