‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 163 sur 291 · T. VU, p · texte numérisé non relu

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3. Gomme quand il affirme que ses lettres sont c les plus belles, les mieux couchées; qu'il faut que tous les grands écrivains du passé et de nostre temps se cachent... U n'y a nul que, les voyans, ne se mocque du pauvre Gicéron avec les siennes familières. » (T. Vin, p. 43.)

lui qu'elle dédia ses Mémoires pour le remercier de son Discours, qu'il lui avait communiqué et où la louange dépassait toute mesure 1 . La page est trop charmante pour ne pas la citer : c Je louerais, lui ditelle, je louerais davantage votre oeuvre si elle ne me louoit tant, ne voulant qu'on attribue la louange que j'en ferois plustost à la philaflie 2 qu'à la raison, ni que l'on pense que, comme Thémistocle, j'estime celuy dire le mieux qui me loue le plus. C'est un commun vice aux femmes de se plaire aux louanges, bien que non méritées. Je blâme mon sexe en cela et n'en voudrais tenir cette condition. Je tiens néanmoins à beaucoup de gloire qu'un si honneste homme que vous m'aye voulu peindre d'un si riche pinceau. En ce pourtraict, l'ornement du tableau surpasse de beaucoup l'excellence de la figure que vous en avez voulu rendre le subject. Si j'ay eu quelques parties de celle que m'attribuez, les ennuys, les effaceant de l'extérieur, en ont aussi effacé la souvenance de ma mémoire. De sorte que, me remirant en votre Discours, je ferois volontiers comme la vieille madame de Rendan 3 , qui, ayant demeuré depuis la mort de son mary* sans veoir miroir, rencontrant par fortune son visage dans le miroir d'un aultre, demanda qui étoit celle-là. Et, bien que mes amis qui me voient me veulent persuader le contraire, je tiens leur jugement pour suspect, comme ayants les yeux fascinez de trop d'affection 5 . » Catherine voulut que sa fille, c qu'elle aymoit infiniment et l'estimoit fort, fit son entrée à Bordeaux,

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