Mémoires, éd. Jannet, p
comme de raison, estant fille et soeur de roy et femme du roy de Navarre, et premier prince du sang et gouverneur de Guyenne. Son entrée fut belle, non tant pour les magnificences et somptuositez qu'on lui fist et dressa, mais pour voir entrer en triumphe la plus belle et accomplie reyne du monde, montée sur une belle haquenée blanche, harnechée fort superbement, et elle vestue toute d'orangé et de clinquant si sumptueusement que rien plus. » Quand elle reçut les harangueurs officiels, Brantôme, qui était auprès d'elle, c sur l'eschaffaut, par son commandement, > l'entendit répondre aux discours avec une éloquence et un à-propos qui firent l'admiration des assistants 1 .
Outre les détails de celte entrée, Brantôme ne mentionne, dans ce long voyage, qu'un incident dont il fut témoin et qui nous semble digne d'être rapporté. Le marquis de Villars, gouverneur de Guyenne, avait érigé à Bordeaux une confrérie, une vraie ligue contre les huguenots, et le maréchal de Biron, qui commandait dans la ville après la mort du marquis, l'avait laissée subsister. Catherine, qui savait ce que valaient de pareilles associations, en fut informée et ordonna de la dissoudre. Les membres de la confrérie protestèrent contre cette décision : t Ils la vindrent trouver à l'évesché, dans le jardin où elle étoit se pourmenant, un dimanche matin. Il y en eust un qui porta la parolle pour tous, pour lui donner à entendre le fruict de ceste confrairie et l'utilité qu'elle apportoit pour le public. Elle, sans estre préparée, respondit si bien, par de si belles parolles et apparentes raisons et propres pour