Voy. t. III, p. 382-383, et t. VII, p
2. c Nous ayons veu des conseillers sortir des courtz de parlement, quitter la robe et le bonnet carré et se mettre à traisner l'épée et les changer aussitost sans autre forme d'avoir faict guerre, comme fit le sieur de Montaigne, duquel le mestier estoit meilleur de continuer sa plume à escrire ses Essays que de la changer avec un' espée qui ne luy siéoid si bien. » (T. Y, p. 91 et surv.; cf. Montaigne, Essais, liv. II, chap. xu.)
Ce ne fut pas le seul motif, s'il fallait en croire l'évêque de Grasse, c Le Maingre de Boucicaut, qui devint premier aumônier de la reine Marguerite, au mois de juillet 161 %*. » Il racontait c avoir appris d'elle fort confidemment que l'institution de Tordre du Saint-Esprit avoit été faite pour l'amour d'elle, et, de fait, que les couleurs de l'ordre étoient les siennes propres, savoir est : le vert naissant, le jaune doré, le blanc et le bleu violet ; que les chiffres des doubles M étoient pour elle, comme aussi les 9 A et H pour le roi Henri III; qu'en effet il l'avoit grandement aimée, etc. 2 . »
Quoi qu'il en soit, le 1 er janvier 1 580, en l'église des Âugustins à Paris, le roi tint en grande solennité le premier chapitre, où il créa vingt-six chevaliers, sans compter huit prélats, dont était son grand aumônier Àmyot. Le mécontentement de la noblesse contre cette institution fut très vif, d'autant plus que le caractère si léger et plein d'inconséquence du roi lui fit faire de tels choix qu'il c rendit le nouvel ordre autant commun que l'autre, voire pis 3 . » Un auteur que nous avons déjà cité, Le Poulchre de Messemé, qui était lui-même chevalier de Saint-Michel, raconte qu'un jour il entendit Ruffé, un brave et honnête gentilhomme de Bourgogne, dans le cabinet du duc d'Anjou, se livrer à une violente diatribe contre la création du Saint-Esprit,