Pendant qu'il mangeait. Voyez la plaisante anecdote que
SA VIE ET SES ÉCRITS. , Sftô
Toutefois, Brantôme, grâce à son esprit, à son talent de causeur et à sa verve gasconne, était entré assez avant dans les bonnes grâces du prince 1 , qui « a voit, dit-il, accoustumé dez son jeune aage, comme j'ay veu, de sçavoir des contes de dames, voire moy-mesmes luy en ay-je fait aussi quelqu'un 2 ; » et plusieurs de ces contes, dits par l'un ou par l'autre, doivent certainement figurer dans le second livre des Dames. En 1 575, le roi, malade de la fièvre, « nous envoia quérir, l'aprèsdisnée, six ou sept que nous estions assez aimez de luy, pour causer avecques lui et lui faire passer le temps 3 . » Une autre fois, Brantôme, étant allé le trouver à Saint-Germain, € pour lui demander un petit don duquel on lui avoit donné advertissement, il lui fit cet honneur de le laisser entrer en sa chambre, à son disner; » et ce fut là qu'il put entendre le prince donner une verte semonce à son mignon Arques sur son luxe et ses prodigalités 4 .
raconte Brantôme (t. VII, p. 129), sur la liberté que François I er laissait aux assistants de prendre la parole pendant ses repas.
1. c Henri III, dit Aubigné, estoit d'agréable conversation avec les siens, amateur des lettres, libéral par dessus tous les rois • (Hist. universelle, année 1589, édit. de 1626, p. 253). Il suivait à la lettre le précepte de Rabelais : « Un noble prince n'a jamais un sou; thésaurizer est fait de vilain » (liv. I, chap. xxxm). Cette libéralité, dont Fauteur du ballet de Gircé, composé pour les noces de Joyeuse, avait dû ressentir les effets, est plus justement appréciée par du Haillan : « Il voyoit, lisoit et récompensoit bien les petites œuvres pleines de vilainies qu'on luy présentoit. Il donnoit des abbayes et grands biens à leurs auteurs et ne fit cas de ce qui servoit à la gloire des siens et à la sienne. • (Lettre à Marchaumont, du 12 mai 1602, Mémoires du duc de Nevers, t. II, p. 856.)