T. ni, p
Malgré cette bienveillance et cette amitié qu'il semblait lui témoigner, Brantôme restait toujours à la cour parmi ceux qu'il qualifie lui-même de c petits compagnons 1 . » Il cherchait à s'en consoler en se disant que, de ses belles alliances qu'il énumère avec plaisir, il n'avait jamais tiré aucun appui ni fortune, mais que de lui-même il s'était poussé comme il avait pu à acquérir la faveur et grâce de ses rois et quelque peu d'honneur parmi le monde 2 . Mais son amour-propre souffrait cruellement de voir autour de lui tomber faveurs de toutes sortes sur des parvenus qui avaient jadis été très honorés qu'il daignât leur donner quelque marque de considération 3 . Aussi son mépris contre ces hommes qu'il avait vus c advancez comme potirons » éclate-t-il en plus d'un passage : c J'en sçay aucuns qui ont eu un' infinité de bienfaictz de leurs roys qui disent et publient : c Jamais le roy ne m'a c rien donné ; on n'en trouvera rien signé pour moy « en la chambre des comptes. » Ne sont-ils pas bien impudents et eshontez d'aller tenir tels propos que chascun sçait bien que, quand ils sont venus à estre aymez et favorisez des roys leurs maistres, n'avoient de quoy mettre sous la dent? Les uns estoient engagez de leur bien jusqués soubs leurs fenestres; les autres estoient endebtez, que leur bien n'y pouvoit fournir ; les autres d'eux-mesmes et du ventre de leur mère estoient pauvres hères ; les autres avoient fait banqueroute... Qu'au diable soient -ils trestous! Le roy les debvroit tous faire assommer *. »