Discours sur V amour des dames vieilles, t. IX, p
3. Montaigne conseille les voyages, mais non c pour en rapporter seulement, à la mode de nostre noblesse françoise, combien de pas a Santa Rotonda, ou la richesse des calessons de la signora Livia. » (Essais, liv. I, ch. xxiv (t. I, p. 180.)
4. Ta; èxaCpac Içif BaaiXlwv elvat BaaAiaaaç. (Diogène Laerce,
lib. VI, 2. Édit. Didot, 1850, p. 148.)
luxe, l'élégance de leurs manières, la considération dont elles étaient entourées, leur influence, et qui, entraînées, elles aussi, dans le merveilleux mouvement de la Renaissance, ajoutaient à la séduction de leur beauté les charmes d'un esprit cultivé 1 .
Rien de pareil n'existait encore chez nous où les Marion Delorme et les Ninon de Lenclos ne devaient faire leur apparition qu'au siècle suivant. La jeunesse libertine, même celle du sang royal, en était réduite à courir les mauvais lieux d'où elle ne rapportait que des habitudes grossières et trop souvent aussi « quelque pire gage, » comme dit Àubigné*. Fréquenter ce monde que l'on dépeignait si attrayant et dont l'analogue n'existait dans aucun pays était un des plus vifs désirs de la plupart des voyageurs, et bien peu quittaient Rome, Venise ou Florence sans l'avoir satisfait. Montaigne, quand il fît en \ 580 ce voyage dont il nous
1. Telle était, entre autres, celle que Aretïn appelait la gloriosa Imperia qui mourut à vingt-six ans, in sua casa et honorata, et fut enterrée dans sa chapelle en l'église de Saint* Augustin (à Rome). — Voy. la brochure de M. A.-L. Ferrai, intitulée : Lettere di cortigiane del secolo XVI. Florence, 1884, 86 p. in-8°. Ces lettres, précédées d'une très intéressante introduction, sont tirées des archives de Florence et adressées à de hauts personnages comme Philippe Strozzi et Lorenzo Médicis , duc d'Urbin. — Voy. aussi H. Estienne, Deux dialogues du nouveau langage françois italianizé, édition de 1883, in-12, t. I, p. 90-92.
C'est probablement à propos de ces femmes si dangereuses, de cette nobile canaglia, comme les appelait la reine Christine, que Pasquier écrivait : « Ce que Pyrrhus Néoptolème disoit de la philosophie, qu'il falloit philosopher mais sobrement, je le dy du voyage d'Italie à tous nos jeunes François qui s'y acheminent par une convoitise de voir. » (Lettres, liv. X, lett. 11 ; Œuvres, 1720, in-fol., 1. 1, p. 261.)