‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 171 sur 291 · T. IV, p · texte numérisé non relu

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s'en soucient plus 1 . » Aussi à l'occasion ne se gênet-il pas « pour les donner à tous les diables, s'ils n'y sont déjà 2 . »

Il y eut pourtant un instant où il put croire que sa fortune allait changer. Depuis assez longtemps, la santé du vicomte de Bourdeille déclinait chaque jour. Son fils mineur ne pouvait lui succéder dans sa charge de sénéchal de Périgord qu'Henri III avait à différentes fois promise à Brantôme, mais, par des raisons qui me semblent fort plausibles, il fut obligé de lui manquer de parole. Cette conduite le plongea dans une colère qui lui a fait écrire de bien vilaines pages que nous devons citer en entier, car elles montrent quels étaient, à cette époque, les projets fantastiques de vengeance que pouvait rêver un gentilhomme ayant reçu « un mescontentement » de son roi :

« Lorsque M. de Bourdeille, mon frère, mourut 8 , j'avois demandé au roy un peu auparavant Testât de sénéchal et gouverneur de Périgord, que tenoit mondict frère, pour son filz aisné. Il me demanda quel aage il avoit ; je luy dis qu'il pouvoit avoir neuf ans et qu'il en avoit esté le parrain, comme il le sçavoit bien. Il me respondit lors qu'il estoit trop jeune pour en exercer Testât, mais qu'il vouloit que je l'eusse, et me le donnoit de très bon cœur ; et que quelque jour, si je venois à estre vieux et que j'aymasse mon repos, je le pourrais redonner à mon nepveu, s'il estoit capable et s'il ensuivent ses prédécesseurs, qui avoient estez tous gens de bien et de bon service à la couronne de France. Il ne

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