‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 172 sur 291 · André de Bourdeille mourut à la fin de janvier · texte numérisé non relu

André de Bourdeille mourut à la fin de janvier

me le dist ny confirma pas une fois, mais plusieurs fois ; et mesmes, une fois du jour des nopces de la princesse de Conty 1 qu'il la menoit dancer le grand bal, à la première pause il m'appella et me demanda de la disposition de mondict frère, que je luy dis très mauvaise ; et sur ce me confirma encor sa première paroi le. Je le priay, en ryant et gaussant avec luy, car il prenoit plaisir de m'entretenir ainsi, qu'il s'en souvint bien donc, car on m'avoit dict qu'il y avoit gens qui le brigoient; et fut M. d'Espernon qui me le dist le premier dans le petit jeu de paume du Louvre, et que j'y prinse garde, et qu'il m'y servirait d'amy. Le roy me respondit que je m'assurasse de sa parolle, et que jamais il ne l'avoit rompue à qui il l'avoit donnée, et ne commanceroit pas à moy. Et je jure Dieu et le proteste que je me souciois autant de cet estât que de tridet*, car j'ay tousjours aimé ma liberté.

c Au bout de huict jours, voycy venir une résignation que mon frère avoit faicte au sieur d'Âubeterre, parce qu'il le pria de la luy faire, et qu'il la prendrait enpour la moytié du maryage qu'il luy avoit promis de sa seconde fille qu'il luy avoit donnée 3 . Le mareschal de Raiz et madame de Dampierre ma tante (fort desnaturée à ce coup à moy) priarent le roy d'admettre ladicte résignation; ce qu'il fit, et l'accorda. Je le sceuz aussitost, et un de mes amis, des privez du roy, m'en advertit.

c Ce fut doncques pour un matin, second jour du premier de l'an 4 , qu'ainsi qu'il venoit de sa cérimonie

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