Voy. t. IX, p
Lu y, qui en avoit veu le commencement du jeu et des bonds, avoit passé la porte. On l'envoya quérir; mais ne voulut jamais venir, voyant la çeine si colère, et niant pourtant le tout fort ferme. Si fallut-il que pour quelques jours il fuist sa collère et du roy aussi ; et, sans qu'il estoit un des plus grands favoris du roydauphin, il fust esté en peine 1 . »
Quand l'absence des dames privait les gentilshommes de pareils divertissements, l'ennui les prenait très vite. « Bien souvant ay-je veu nos roys aller aux champs, aux villes et ailleurs, y demeurer et s'esbattre quelques jours, et n'y mener point les dames ; mais nous estions si esbahis, si perdus, faschez, que, pour huict jours que nous faisions de séjour séparez d'elles et de leurs beaux yeux, ils nous paroissoient un an; et tousjours à souhaitter : « Quand serons-nous à la c court? » n'appellans la court bien souvent là où estoit le roy, mais où estoit la reyne et les dames. Ce n'est pas tout que d'y voir force princes, force grands capitaines, force gentilshommes et gens de conseil, et les ouyr parler de la guerre, de l' Estât, de la chasse, de jouer, de passer le temps : tous ces exercices ennuyent en peu de temps ; mais jamais on ne s'ennuye de converser avec les honnestes dames 2 . »
La nullité intellectuelle de la plupart des gens de la cour frappait tous ceux qui n'y vivaient pas. c J'ay parfois apperceu, dit Montaigne, en aulcuns de nos jeunes courtisans qu'ils ne tiennent qu'aux hommes de leur sorte, nous regardant comme gents de l'aultre