‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 187 sur 291 · T. IX, p · texte numérisé non relu

T. IX, p

C'étaient en effet des hommes qui couchaient, levaient et chaussaient les femmes. « J'ay ouy parler d'une belle et honneste dame. • . , laquelle se faisant un jour tirer sa chausse à son vallet de chambre, elle luy demanda s'il n'entroit point pour cela en ruth, tentation et concupiscence. •• Le vallet, pensant bien dire, pour le respect qu'il luy portoit, luy respondit que non. » Il eut pour récompense un grand soufflet et son congé 1 .

Vers la fin du règne de Henri II, il se fit chez les hommes et les femmes une singulière interversion signalée avec vivacité par l'évèque de Valence, Jean de Montluc, dans un curieux sermon dont il me semble qu'on n'a point encore fait usage : « Nous avons veu de nostre temps, dit-il, que la jeunesse estoit tant efféminée que plusieurs ont essayé de contrefaire leur voix naturelle pour parler plus doulcement et ont usé de friseures de cheveux, de pendants d'oreilles, de bagues, de bracelets et autres affiquetz pour tesmoigner le desplaisir qu'ilz avoient de n'avoir esté femme ; et par ce moien cuidoient estre aggréables à celles qu'ilz avoient envie de servir. Les femmes, de l'autre costé, se sont emparées des accoultremens des hommes, et, sans aucun respect du nom de chrestiennes qu'elles portent, usent de toutes façons d'habillemens pour se contrefaire et se montrer autres que Dieu ne les a faittes; les fards, les cheveux frisez, la superfluité d'habillemens, de doreures, de chaines, de bagues, les remuemens des yeux attractifz et décevans, la contenance mignarde et par trop délicate et autres inventions que le diable a forgées 2 ... »

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