‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 189 sur 291 · Taxer, blâmer · texte numérisé non relu

Taxer, blâmer

2. Journal, juin 1577. — Cette mode avait gagné jusqu'aux servantes des bourgeois au xvii e siècle, et je n'ai pas besoin de rappeler ici le piquant dialogue du Tartuffe et de Dorine.

guérite aux mamelles de la Vierge Marie, la princesse en fut si touchée qu'elle lui fit don de cinquante bonnes pis tôles. Un autre, qui dut aussi être bien payé, avoit trouvé dans le nom de Marguerite de Valois Fanagramme suivante : Salve, Virgo, mater Dei { . »

Ajoutons un fait qui peut donner une idée du degré de bassesse auquel la flatterie pouvait descendre de la part d'un magistrat. Au moment où le mépris et la haine contre Henri III étaient poussés au dernier point à Paris, on entendit, le 11 janvier 1 588, lors de la réception au Parlement du duc d'Épernon comme amiral de France, Faye, avocat du roi, appeler ce prince « le saint des saints, disant qu'il méritoit d'estre canonizé autant ou plus qu'aucun autre de ses prédécesseurs rois de France que nous adorons pour saints 2 . »

En lisant cet impudent panégyrique d'un monarque souillé de crimes et de débauches, mais qui ne cessait de faire des processions et d'introduire de nouvelles confréries, on ne peut s'empêcher de penser à ce que raconte Plutarque : Diogène ayant entendu un jour réciter les vers de Sophocle sur les mystères (d'Eleusis), vers qui avaient rempli d'inquiétude les cœurs de milliers d'hommes, en proclamant que seuls ceux qui y auraient participé seraient heureux dans l'autre vie, tandis que les autres y endureraient tous les maux, il s'écria : « Que dis-tu ? Le voleur Pataccion aura-t-il là-bas plus heureuse condition qu'Épaminondas, seulement parce qu'il aura été initié à ces mystères 3 ? »

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