‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 19 sur 291 · Discours sur les dames qui font l'amour, t. IX, p · texte numérisé non relu

Discours sur les dames qui font l'amour, t. IX, p

3. C'est par une mauvaise interprétation de ces mots au bout de quelque temps que P. Marchand a cru pouvoir reporter cette aventure au second voyage de Brantôme en Italie, c'est-à-dire à 1566, sept ans plus tard. (Edit. de 1740, t. XV, p. 64.)

rant pour l'amour d'elle plus que jamais. Elle en fut tentée et m'accorda ce que voulus, me disant qu'en mariage faisant elle avoit arresté et concerté avec son mary sa liberté entière, mais sans escandale pourtant ny déguisement, moyennant une grande somme, afin que tous deux se pussent entretenir en grandeur ; et qu'elle estoit pour les grandes sommes, et s'y laissoit aller volontiers, mais non point pour les petites. »

Faustine est la seule courtisane dont il prononce le nom, mais à Rome et ailleurs il en a vu bien d'autres, jeunes ou vieilles, et il a précieusement recueilli de leur bouche nombre d'historiettes, de mots, de dictons et de préceptes qui ont trouvé tout naturellement leur place dans le second livre des Dames 1 .

Après les courtisanes, les diseurs de bonne aventure. À Florence, il alla consulter un devin grec « très singulier en son art, » qui était au service de Gosme de Médicis, dont il avait prédit la haute fortune 2 . Ce qu'il lui prophétisa, ce n'est pas en prose que le voyageur l'a raconté, mais dans le sonnet suivant, écrit sept ans plus tard et qui, comme ses autres poésies, était resté inédit jusque dans ces dernières années 3 :

Il est bien vray cela que me dit un devin, Y a près de sept ans, que j'estois à Florence, Que je faisois tirer, par art de géomance, Une figure, un jour, pour sçavoir mon destin;

Certes, il me promit assez heureuse fin

Et me dit, par trois fois : « L'heure de ta naissance

1. Voyez, entre autres, t. IX, p. 93, 163, 194, 250, 712, etc.

2. « Je ne sçay si c'est celuy que je luy ay veu ou son père. » (T. H, p. 12-13.)

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