Voy. t. X, p
« T'a ordonné du ciel une bonne influence,
« Car je ne vois ton cours qu'à tout bonheur enclin.
« Tu doys être chéry du Roy, ton puissant maistre ; « Les princes les plus grands te voudront bien cognoistre ; « Tu seras fort heureux sur terre et sur la mer.
« Aussi tu dois aimer à la Cour une Dame « Qui, jeune de vingt ans, eschauffera ton âme « Et te fera mourir cent fois pour trop l'aimer. »
• Je ne sais s'il pensait déjà à écrire quelqu'un de ses
livres, mais, dans ce premier et long voyage, il commençait à recueillir, et de toutes les bouches, les renseignements les plus divers sur les hommes et sur les choses. Ainsi, à Rome, il écoutait les récits d'un vieux juif sur Charles VIII 1 ; à Novare, c'est un maître de poste de plus de quatre-vingt-dix ans, « mais pourtant gallant, gaillard et sain vieillard, et de bonne mémoire, qu'il faisoit bon ouyr parler et de M. de Ghaumont et de tous ses capitaines, braves François, qu'il avoit tous cogne uz. À mon advis, qu'il en contoit bien d'eux, et de leurs guerres, et de leurs beaux faicts ; car il avoit esté avec eux à la part. Je ne faillis pas de l'entretenir tout un soir à soupper et encor le lendemaiç matin à disner 2 . » A Gapoue, en 1558, voyageant avec M. de Quélus, le père du mignon de Henri III, il fit la rencontre d'un trompette français qui avait été au connétable de Bourbon et avait vu « tout le mystère du sac de Rome. » Il était aux gages de l'empereur et du vice-roi, ce qui ne l'empêchait pas de faire le métier de guide pour les étrangers, c II se fit cognoistre à