‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 195 sur 291 · T. VII, p · texte numérisé non relu

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Donnons quelques exemples de cette impunité dont nous venons de parler. C'était sous Henri II (1557). Un sieur de Théville, qui avait déjà commis trois homicides et obtenu pour ces trois crimes trois lettres de rémission, s'avisa d'en commettre un quatrième. Il fut pour la quatrième fois condamné à mort. Le roi 9 cédant aux sollicitations des amis du condamné, allait encore une fois lui accorder sa grâce, mais les remontrances du Parlement furent telles qu'il se décida à laisser libre cours à la justice 4 .

Pendant le séjour de Charles IX à Bordeaux, on avait arrêté le baron de Bournazel pour avoir tué c par grande supercherie un gentilhomme de son pays de Gascogne, nommé La Tour. La veuve en poursuivit si vivement la punition qu'on se donna la garde que les nouvelles vindrent en la chambre du roy et de la reine qu'on alloit trancher la teste audit baron. Les gentilshommes et dames soudain s'esmeurent, et travailla-on fort pour luy sauver la vie. On en pria par deux fois le roy et la reyne de luy donner grâce. * Enfin, malgré l'opposition du chancelier de l'Hospital, elle fut accordée au duc de Nemours, qui s'était jeté aux pieds de la reine. Un capitaine alla quérir le condamné en prison et arriva au moment où il en sortait pour être conduit au supplice. « Il fut sauvé, mais avec une telle peur qu'à jamais elle demeura empreinte sur son visage et oncques puis ne peut recouvrer couleur, comme j'ay veu. * Le lendemain, la veuve de l'assassiné vint à son tour se jeter aux pieds du roi au

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