‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 197 sur 291 · T. IX, p · texte numérisé non relu

T. IX, p

ravant ledict Gharry avoit tué, au siège de la Mirande, en appel, son frère aisné 1 ... Un matin 2 , ainsi que ledict Gharry partoit de son logis des Troift-Ghandeliers, en la rue de la Huchette, accompagné du capitaine La Tourette et d'un autre, et passant sur le pont de Saint-Michel, Chastelier, sortant de chez un armurier, accompaigné de ce brave Mouvans et d'un gentil soldat, qu'on appeloit Constantin, et autres, assaillit fort furieusement ledict Gharry et luy donna un grand coup d'espée dans le corps et la luy tortilla deux fois dans ledit corps, affin de faire la playe plus grande, et par ainsi tumba mort par terre avec La Tourette, que Mouvans et Constantin tuarent... Il ne faut point demander si la court fust esmeue de ce meurtre, et principallement la reyne, laquelle se pourmenoit pour lors dans la salle du Louvre, avec M. l'admirai et autres du conseil; et, l'advertissement luy ayant esté donné, la reine se tourna soudain vers M. d'Andelot, qui estoit là près, qui 8 luy dist qu'il l'avoit faict faire, à ce que l'on disoit, et qu'un soldat qui estoit à luy et à ses gages, qui s'appeloit Constantin, avoit aydé à faire le coup. Soudain M. l'admirai et M. d'Ândelot firent bonne mine; car de leur naturel ilz estoient si posez que malaisément se mouvoie nt-ilz; et à leurs visages jamais une subite ou changeante contenance les eust accusez. H. d'Andelot,

1. « Luy disoit mal à propos...; toutesfois, M. de Sansac, qui estoit lors lieutenant du roy en ceste place, assura qu'il avoit esté tué fort bien et sans supercherie. »

2. A la fin de l'année 1563, un jour de fête, dit de Thou (liv. XXXV).

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