T. II, p. 287, note
moy pour François, et estoit un fort honneste homme et d'esprit, et lequel pour son aage n'avoit point oublié son mestier, car il sonnoit des mieux de la trompette. Il me conduisit despuis Gapoue jusques à Naples, et par le chemin m'entretenoit fort de M. de Bourbon, de ses faicts, du sac de Rome et sur tout des belles femmes viollées, qui m'en conta prou à mon advis, et force particularitez dont je serois par trop long, sallaud et importun si je les voulois toutes exposer, encor qu'il y en ait de fort plaisantes que possible pourray dire ailleurs une autre fois 1 . »
Il notait soigneusement les histoires de duels, comme ceux du comte Claudio à Milan, de capitaines espagnols lorsqu'il passa à Gaëte, en 1 558, les combats en champ clos où il assista à Rome Tannée suivante, etc. 2 .
Enfin il alla voir les champs de bataille de Gérignoles et de Garigliano, où s'étaient livrés les combats qui nous avaient fait perdre nos conquêtes, c Hélas ! » s'écrie-t-il avec un accent douloureux, t j'ay veu ces lieux-là et mesmes le Garillano, et c' estoit sur le tard à soleil couchant, que les ombres et les mânes cornmancent à se paroistre comme fantosmes plustost qu'aux autres heures du jour, où il me sembloit que ces âmes généreuses de nos braves François là mortz s'eslevoient sur la terre et me parloient, et quasi me respondoient sur mes plainctes que je leur faisois de leur combat et de leur mort, eux accusante et maugréante par million de fois les endroictz de là, couverte
1. Je crois, en effet, que quelques-unes de ces particularités si plaisantes, à ce qu'il prétend, ont pu se glisser, un peu déguisées, dans le deuxième livre des Dames.