‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 200 sur 291 · Essais, liv. ni, ch. xni · texte numérisé non relu

Essais, liv. ni, ch. xni

tés dans les supplices, t En la justice mesme, dit Montaigne, tout ce qui est au delà de la mort me semble pure cruauté, et notamment à nous, qui debvrions avoir respect d'envoyer les âmes en bon estât ; ce qui ne se peult, les ayant agitées et désespérées par tormens insupportables. > L'autre voix, plus vibrante, est celle d'un soldat, c nourri dans la guerre aux horreurs du carnage, * Le Poulchre, seigneur de la Motte -Messemé 1 , gentilhomme de la chambre de Charles IX, chevalier de Tordre (1568), qui avait combattu vaillamment dans les trois premières guerres civiles, c Je voudrais, dit- il, que Ton feist mille outrages au cadavre, selon l'énormité du meffect, mais, tandis qu'il est en vie, lui oster la vie tout simplement. . . Tirez à quatre chevaux vostre criminel, tenaillez-le, coupez-luy une main, rompez-le sur une roue, tout cela ne luy sert plus de rien pour son amandement, et cependant, vous qui vous dites chrestien, vous perdez, possible, son âme par la rage et le désespoir du mal que vous luy faites soufrir, là où vous devriés tendre à la luy envoyer nette devant celuy qui le rejugera, et vous avec. Si c'est pour donner terreur et exemple à ceux qui assistent à l'exécution, Ton voit par ce qui en arrive tous les jours le peu de prouffit que Ton en tire... Je n'ayme point à me trouver aux exécutions que l'on faict; autant me déplaist-il quasi d'en parler, et voudrais que l'on n'eust jamais besoin d'en faire 2 . * Qu'aurait pu dire de mieux un philosophe du xvnf siècle, après le supplice de Damiens

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