T. IX, p
3. « Il n'en abusoit point et estoit compaignon avec les compaignons. Je l'ay veu faire des remonstrances au roy lorsqu'il luy voyoit faire quelque chose de travers ou qu'il oyoit dire de luy ; mais c 'estoit secrettement ; car ainsi faut parler en telles choses aux roy s. Aussi le roy le trou voit bon et s'en corrigeoit ; si bien que l'on disoit que, tant que Le Gua a vescu, le roy, sa cour et son royaume s'en trouvoient bien. » (T. V, p. 356.)
porter à sa sœur. Brantôme assistait à l'entrevue. « Quand elle le vist entrer, elle fut en grand 9 collère et, ainsin qu'il se vint présenter à elle pour luy donner sa lettre, elle luy dit d'un visage courroucé : c Bien vous sert, Le Gua, de vous présenter devant « moy avec une lettre de mon frère qui vous sert de « sauvegarde, l'aymant si fort que tout ce qui vient « de luy est en toute franchise avec moy ; que sans « cela je vous apprendrais à parler d'une telle prio- « cesse que je suis, sœur de voz rois, voz maistres et « souverains. > Elle ne voulut entendre ni ses excuses ni ses dénégations « et le renvoya aveq protestation de luy cstre cruelle ennemye, comme elle luy a tenu, jusqu'à sa mort. » Une autre démarche, que le roi fit tenter auprès d'elle par la tante de Brantôme, M m0 de Dampierre, n'eut pas un meilleur succès 4 . Impatiente de se venger, elle s'adressa à Guillaume du Prat, baron de Vitteaux, grand ami de Brantôme, qui l'appelait son frère d'alliance et nous le donne comme € un terrible exécuteur de vengeances, l'un des plus déterminez et assurez pour faire un coup 2 . » On va pouvoir en juger.
Son premier assassinat avait été celui du baron de Souppez, qu'il guetta au sortir d'un souper (à Toulouse) où ils avaient eu querelle, « et ne faillyt de le tuer aussitost et l'estendre sur le pavé ; et ne fut sans danger, car s'il fust esté pris, il estoit puny sur-lechamp, tant pour la rigueur de la justice de Toulouze que parce que l'autre avoit de grands amis et parens