Ibid., p. 335. Voy. de Thou, liv. LXH
en la ville, et se sauva bravement en habit de demoiselle. » Il se réfugia d'abord chez M. de Duras, puis chez Brantôme, qui le garda quinze jours et lui fournit argent et chevaux pour gagner Paris 1 . Peu de temps après, voulant venger la mort d'un frère 2 , il assaillit dans la plaine Saint-Denis et tua c viste, sans autre cérémonie, » Gounellieu, qui avait la charge de la grande écurie du roi ; « que, s'il fust esté pris, il estoit infailliblement exécuté, tant il aimoit ce Gounellieu. » Il put gagner l'Italie d'où il ne revint en France qu'après le siège de la Rochelle (juillet 1573). Il apprit alors qu'Antoine d'Alègre, baron de Milhau, qui avait tué l'un de ses frères, le baron de Thiern, était tranquillement à Paris ; malgré le danger qu'il courait s'il était reconnu, « à cause de la fureur du roi, » il se hasarda à y rentrer. « Il se pourmeine par la ville en habit d'advocat, espie et recognoist le tout et son mieux, ayant laissé venir la barbe fort longue, si qu'il estoit irreconnoissable, se loge l'espace de quinze jours en cestë maison qui est au bout du guet des Augustins, void et revoid passer son homme par plusieurs fois ainsi qu'il m'a dict despuis. Puis, voyant son bon et qu'il estoit temps, sort un jour de son logis avec les deux Boucicaut frères, provençaux, seullement, braves et vaillans hommes certes, aussi les appelloit-on les lyons du baron de Viteaux, et attaque Millaud, accompaigné de cinq ou six hommes, passant tout devant son logis, le charge, le tue avec peu de résistance et se sauve bravement hors la ville et aux