Voy. de Thou, liv
qui estoit d'un courage invincible, haut à 1a main, fier et audacieux, aussi vaillant que son épée..., mais vicieux et peu craignant Dieu, ce qui lui causa son malheur, n'estant parvenu à la moictié de ses jours, comme il advient ordinairement aux hommes de sang. » — c Ainsi, dit à son tour Âubigné 1 , mourut Bussi, homme sans âme, ayant un grand esprit, tant aux choses qu'aux langues, un courage desmesuré, qu'il employoit plus à mordre les chiens de sa meute que sur les loups, tellement qu'un bon capitaine l'eust désiré chez ses ennemis. »
On se doute bien que les vers grecs de sa façon ne devaient pas être d'une très belle facture, et certainement il réussissait mieux dans ceux qu'il a composés dans sa langue maternelle. On connaît de lui dix-sept stances adressées à Marguerite de Valois où il règne une véritable passion 2 :
Mes yeux ne sont point yeux si ce n'est pour vous voir. Mon cœur n'est point mon cœur si n'est pour recevoir Les traicts de vos beautez que j'adore et que j'ayme. Je n'ay poinct de désir que pour vous désirer. Je n'ay poinct de soupir que pour vous souspirer. Bref, je ne suys poinct moy si ce n'est pour vous mesme.
Mais, à côté de l'amoureux, l'homme de sang ne peut s'empêcher de reparaître. Voici les deux dernières stances de cette pièce :
Si l'ennuy quelquefois si longtemps d'estre seul