Asseurez, en sûreté
2. « Le langage grec, dit Brantôme, estoit très beau et très éloquant à ce que j'ay ouy dire à gens très sçavans qui l'avoient veu et leu, comme M. de Ronsard et M. Daurat... Il (son fils) m'a montré souvent ce livre et permis de lire dedans devant lùy, mais non de le transporter ailleurs ; encor que nous fussions fort grandi
en France la riche bibliothèque, remplie de magnifiques manuscrits grecs, qu'il avait acquise (1550) à la mort du cardinal Ridolfi, neveu de Léon X. c Elle estoit estimée plus de quinze mille escus, dit Brantôme, pour la rareté des beaux et grandz livres qui y estoient. > Lorsqu'il mourut, Catherine en eut envie, mais elle voulut l'avoir sans bourse délier, et celle que le connétable de Montmorency appelait insolemment la fille d'un marchand 1 s'y prit d'une manière très simple : c Elle la retira (c'est-à-dire s'en empara) , dit Brantôme, avecque promesse d'en récompenser son filz et la luy payer un jour ; mais jamais il n'en a eu un seul sol. Je sçay bien [ce] qu'il m'en a dict d'autres fois, en estant mal contant. Je croy qu'elle soit encore à Chenonceaux 2 . >
Tandis que le connétable de Montmorency déclarait c que les lettres amolissoient les gentilshommes et les faisoient dégénérer de leurs majeurs 3 , > et, en consé-
amis, il m'en refusoit tout à trac tant il en estoit jaloux. » (T. II, p. 241-242.)
1. c II contestabile in alcuni di&pareri che avea avuto con essa regina, ne avea parlato con poco rispetto, chiamandola figiiuola d'un mercante ; ed essa l'aveva saputo. » (J. Michel, Relations des ambassadeurs vénitiens, t. I, p. 454.)
2. T. II, p. 242. — Quelques années après la mort de Catherine, des lettres patentes du mois de mars 1594, enregistrées par le parlement, ordonnèrent la remise de cette bibliothèque entre les mains de M. d'Hémery, garde de la librairie (du roi). Les manuscrits grecs qu'elle contenait sont les plus beaux de ceux que possède le département des manuscrits. Outre cette magnifique bibliothèque, le maréchal avait réuni une belle collection d'armes et de curiosités que Brantôme vit à Rome. Son fils la fit venir à Lyon, où il la vendit. (Voy. t. II, p. 243.)