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pondre; car, à brave brave et demy. Elle ne s'en sentit pour cela nullement intéressée, car, en la menant de telle façon, je la louois extrêmement, d'autant qu'il n'y a rien qui amollise plus un cœur dur d'une dame, que la louange autant de ses beautez et perfections que de sa superbetté; voire luy disant qu'elle luy siézoit très bien, veu qu'elle ne tenoit rien de commun, et qu'une fille ou dame, se rendant par trop privée et commune, ne se tenant sur un port altier et sur une réputation hautaine, n'estoit pas bien digne d'estre servie; et pour ce, je l'en honnorois davantage, et que je ne la voulois jamais appeler autrement que ma gloire. En quoy elle se pleust tant, qu'elle me voulut aussi apeller son arrogant.
c Continuant ainsi toujours, je la servis longuement; et si me peux vanter que j'euz part en ses bonnes grâces autant ou plus que grand seigneur de la court qui la voulust servir ; mais un très favory du roy, brave certes et vaillans gentilhomme, me la ravit, et par la faveur de son roy me l'embla et l'espousa 1 . Et pourtant, tant qu'elle a vescu, telles alliances ont tousjours duré entre nous deux, et l'ay tousjours très honnorée*. > Il ajoute : c Je ne sçay si je seray repris d'avoir fait ce conte, car on dit volontiers que tout conte fait de soy n'est pas bon ; mais je me suis esgaré ce coup, encor que dans ce livre j'en aye fait plusieurs de moy-mesme en toutes façons, mais je tais le nom. >
Voici le récit d'une joyeuse partie, dont nous ne
1. Il a rappelé cette mésaventure dans le sonnet cité plus haut, p. 313.