T. IX, p
320 BRAirrôME
et libéralité secrète des dames. Vrayment, c'est trop d'abjection et de bassesse de coeur de laisser ainsi fièrement persécuter, paistrir et fourrager ces tendres et mignardes doulceurs à des personnes ingrates, indiscrètes et si volages 4 . >
Cet usage du vieux temps, s'il avait existé en province, n'avait jamais été de mode parmi les courtisans. Brantôme prend, il est vrai, en pitié c les pauvres clames qui n'ont autre revange que les larmes, regrets et paroles 2 , » contre les médisances et les calomnies des gens de cour, mais il se montre plein d'indulgence pour les amants qui ne craignaient pas de divulguer leurs bonnes fortunes : c Une opinion en amour ay-je veu tenir à plusieurs : qu'un amour secret ne vaut rien, s'il n'est un peu manifeste, sinon à tous, pour le moins à ses plus privez amis ; et si à tous il ne se peut dire, pour le moins que le manifeste s'en face, ou par monstres ou par faveurs, ou de livrées et couleurs, ou actes chevalleresques , comme courremens de bague, tournois, masquarades, combats à la barrière, voire à ceux de bon escient quand on est à la guerre ; certes, le contentement en est très grand en soy 3 ... » c Gomme de vray, de quoy servirait à un grand capitaine d'avoir fait un beau et signalé exploict de guerre, et qu'il fust teu et nullement sceu? Je croy que ce luy seroit un dépit mortel. De mesme en doivent estre les amoureux qui ayment en bon lieu ; ce disent