XXI. ÉCRITS PROJETÉS OU PERDUS
L'œuvre de Brantôme est fort considérable ; elle le serait encore plus s'il avait pu réaliser tous les projets qu'il se plaisait à former et dont on trouve çà et là la mention dans ses livres. On lit dans la dédicace au duc d'Anjou du second livre des Dames, qui est l'un de ses premiers écrits 2 : « Je vous dédie, Monseigneur,
tome. Nous n'avons trouvé aucune raison suffisante pour les joindre à notre édition.
1. J'y relèverai une petite erreur (p. 66). Les éditeurs ont cru à tort que le Nicolas Le Broc, donné comme un petit-neveu de Brantôme, était un nom inventé à plaisir. Yoy. plus haut, p. 346, note 2.
2. Elle porte en suscription : c Monseigneur le duc d'Alençon, de Brabant et comte de Flandres, • et n'a pas été écrite avant 1582, puisque ce fut seulement en cette année que le prince prit les titres de duc de Brabant et de comte de Flandres; mais, depuis 1576, où il avait obtenu l'Anjou comme supplément d'apanage, il n'était plus connu que sous le nom do duc d'Anjou,
ce livre et vous supplie le fortifier de vostre nom et autorité, en attendant que je me mette sur les discours sérieux, et en voyez un à part que j'ay quasi achevé, où je déduis la comparaison de six grands princes et capitaines qui vivent aujourd'huy en ceste chrestienté, qui sont : le roy Henry III, vostre frère, Votre Altesse, le roy de Navarre, vostre beau-frère, M. de Guise, M. du Maine et M. le prince de Parme. » Ce discours, « quasi achevé, » n'a probablement jamais été terminé. Il n'en parle plus, bien qu'il fasse encore allusion aux biographies qu'il voulait écrire de ces grands personnages 1 : c J'espère, dit-il, faire toucher au doigt. . . le courage et l'ambition du duc d'Âlençon en $a vie, que je prétends faire à part avec sept autres que j'ay proposé 2 , qui sont : le roy Henry HI, M. d'Alançon, M. de Guyze (Henry de Lorraine), le prince de Parme, le duc de Biron, le prince Maurice et le roy de Navarre, nostre roy d'aujourd'huy 8 . *
De ces biographies, il en est une qui parait lui tenir le plus au cœur, celle de Henri IU, qu'il était d'ailleurs mieux que personne en état d'écrire, car hommes et choses lui étaient parfaitement connus. Dans la Vie du prieur de Gapoue, à propos des trahisons de gouverneurs de villes, c il se fairoit, dit-il, un beau discours sur ce subject et bien enrichy de beaux exemples que, possible, l'espérè-je faire en la
et je ne sais pourquoi Brantôme lui a conservé son premier nom de duc d'Alençon. — Voy. t. IX, p. 1.
1. Dans cette seconde liste, le nom du duc du Maine a été rem* placé par ceux du duc de Biron et du prince Maurice.