Voy. la table, passim
leur bouche des phrases italiennes ou espagnoles, de façon à laisser croire que ses anecdotes venaient d'au delà des Alpes ou des Pyrénées. Telle est, par exemple, l'histoire du jacobin jeté à l'eau par un cordelier. A lire le castillan qu'il fait parler à celui-ci, on la croirait arrivée directement d'Espagne, tandis qu'il l'a tout simplement volée, sans en rien dire, à son c bon maître » Rabelais 1 .
Ailleurs, au moment de commencer une histoire des plus scabreuses de mœurs italiennes, il écrit : c J'ay ouy conter qu'en quelqu' endroit du monde (je ne le veux pas nommer) il y eût un mari 9 ... » Rien de plus plaisant que cette réticence, qui ferait supposer la crainte de compromettre l'honneur d'une ville ou d'une famille, et pourtant l'histoire du mari, de la femme et de l'amant, qu'il va résumer en quelques lignes, il l'a puisée dans Boccace 3 , qui, lui, avait d'excellentes raisons pour ne pas craindre de nommer Pérouse, où il avait placé le théâtre de son récit. Dans un autre passage 4 , il débute encore ainsi : « J'ay ouy parler... * Où cela et par qui? Il n'en souffle mot. Il n'aurait pas été beaucoup plus long d'écrire tout bonnement : J'ai lu dans la 18 e nouvelle de Y Heptaméron* *
Dans son Discours sur les femmes mariées 6 , il
1. Voy. Brantôme, t. VII, p. 194 ; Rabelais, Pantagruel, liv. m, ch. 23.