‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 271 sur 291 · LA DOT DE CATHERINE DE MÉDICIS · texte numérisé non relu

LA DOT DE CATHERINE DE MÉDICIS

Dans la longue notice consacrée à Catherine de Médicis, Brantôme a mentionné un fait assez bizarre et dont lai seul a parlé. Il se serait passé à l'occasion du mariage de la nièce de Clément VII avec le duc d'Orléans.

Charles-Quint, nous dit Brantôme, « s'estonna fort de ceste alliance avec le pape, le cognoissant habille, courageux et vindicatif de sa prison faicte par son armée impériale au sac de Rome. Et tel maryage luy despleut tellement, que j'ay ouy dire à une dame de vérité, lors à la court, que s'il ne fust esté marié avec l'impératrice, qu'il eust prins l'alliance dudict pape, et eust espousé sa niepce, tant pour estre appuyé d'un si grand party, que parce qu'il craignoit que le pape luy aidast à perdre Naples, Milan et Gènes, ainsi qu'il l'avoit promis au roy François, lorsqu'il luy fist livrer l'argent du dot de sa niepce et ses bagues et joyaux ; qu'oultre tout cela, pour faire le douaire digne d'un tel mariage, il luy avoit promis, par instrument autentique, trois perles d'inestimable valeur, de l'excessiveté desquelles les plus grands roys estaient fort envieux et convoi teux, qu'es toient Naples, Milan et Gènes 4 . »

Que le pape eût gardé un souvenir amer de sa captivité et de l'épouvantable sac de Rome, cela n'est point douteux ; mais, qu'il eût fait cette promesse extravagante de donner ce qui ne lui avait jamais appartenu, et qu'il eût eu l'imprudence de la consigner dans un acte authentique, personne ne peut songer à l'admettre. Pourtant je crois à la bonne foi entière de la « dame de vérité » et à la

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