Régnier de la Planche, p
2. T. VII, p. 288. C'est ce qui explique que, dès le début, les succès des huguenots furent aussi grands que rapides, c D'espéciffier par nom les villes qui furent lors surprises, ce seroit chose superflue, car, je me souviens que, lors de ceste grande esmeute et sédition, quand on demandoit quelles villes étoient prises et quelles villes tenoient pour les huguenotz, on disoit : c Mais, « demandez ^ qui sont celles qui ne tiennent pour eux. » (T, IV, p. 293.)
3. T. V, p. 418. — Plus loin (p. 420), il nous raconte un fait caractéristique. Après la prise de Bourges par l'armée royale, l'un des défenseurs de la ville, un brave et vaillant gentilhomme, le capitaine Brion, fut bien accueilli par le duc de Guise, qui lui demanda s'il ne voulait pas redevenir serviteur du roi. — « Si je c le veux, monsieur? » répondit-il, « ouy, monsieur, vous jurant c que je ne me suis mis icy pour la religion que pour un mesconten- « tement que j'euz après la guerre, m'en voyant si mal récomc pensé; et MM. le Prince et admirai m'ayant les premiers rechert ché, je les ay servis fort fidellement, comme je fairay le roy, « ainsi que j'ay faict le roy son père. »
guerre en anges, la seconde en hojnmes, la troisième en diables encharnez 1 (incarnés) . * Les débuts de cette première guerre angélique feront juger ce que durent être les deux autres. Après sa tentative insensée sur Paris, quand Gondé se dirigea vers la Beauce, il vit que, malgré ses défenses formelles, ses troupes avaient brûlé leurs cantonnements : Arcueil, Montrouge, Gachan et Àntony. — Mais il faut s'entendre. La guerre, comme on avait alors l'habitude de la faire, était accompagnée de tels brigandages et de telles horreurs que des troupes observant quelque discipline étaient un sujet d'étonnement ; si pendant deux mois environ l'armée du roi et celle des huguenots se conduisirent assez régulièrement, cela ne dura guère. Voici ce que nous dit La Noue, cet habile et vertueux capitaine que Henri III appelait son bon huguenot 2 :
« Lorsque ceste guerre commença, les chefs et capitaines se resouvenoyent encore du bel ordre militaire qui avoit esté practiqué en celles qui s'estoyent faites sous le roy François et Henri son fils, et plusieurs soldats en estoyent aussi mémoratifs. > A ce souvenir vinrent se joindre les continuelles exhortations des ministres, « où ilz estoyent admonnestez de n'employer les armes à l'oppression du pauvre peuple. Principalement la noblesse se monstra, à ce commencement, très digne du nom qu'elle portoit, car, marchant par la campagne où la licence de vivre est sans comparaison plus grande que dans les villes, elle ne pilloit point ni ne battoit ses hostes et se contentoit