Hist. univ., col
4. Un détail curieux donné par Montaigne : Ils avaient avec eux leurs femmes aussi vaillantes et aussi vigoureuses qu'euxmêmes, • trottant aprez leurs maris; vous les voyez aujourd'hui porter au col l'enfant qu'elles avoient hier au ventre. » (Essais, liv. I, ch. 40.)
par Philippe II, les auxiliaires allemands du Rhingrave et de Rockendorf, des troupes italiennes fournies par le pape et qui se signalèrent en Provence et en Dauphiné par leurs monstrueuses débauches 1 . Les Huguenots eurent des reîtres 2 , des lansquenets, des Anglais et des Écossais. Les Français des deux partis livraient ainsi eux-mêmes leur patrie à ses implacables ennemis de la veille ; et Dieu sait quelle pitié on trouvait chez eux pour les vaincus et la population. A Dreux, les Espagnols, qui ne faisaient pas de prisonniers, égorgeaient c comme des moutons * les fantassins huguenots. Les reitres venus en France, « non pour mourir mais pour s'enrichir, > se livraient à d'affreux pillages et se montraient les dignes ancêtres des déménageurs de 1870; et plus tard, en 1591, le maréchal d'Àumont, qui avait sous ses ordres des troupes anglaises prêtées par Elisabeth à Henri IV, se plaignait que Norris, leur général, avait ruiné plus de deux cents églises, dont il avait envoyé les cloches en Angleterre 3 .
A ces ravages des armées, il faut ajouter les horribles excès des masses des campagnes que les catholiques armaient contre les huguenots et dont le soulèvement, à Brantôme et à toute la noblesse, inspira une répulsion et, on pourrait presque dire, une terreur