T. IV, p. 328 et suiv
2. t En vostre particulier, se fait raconter Sully par ses secrétaires, vous gagnastes, par le plus grand bonheur du monde, une petite bouette en fer, que nous croyons que vous avez encore, que vous baillastes alors à l'un de nous quatre à porter, et, l'ayant ouverte, trouvastes quatre mille escus en or dedans. » ((Economies royales, année 1580, ch. xi.)
s'en mocqua-on fort 4 . * Si on attaquait de petites villes c pour faire, suivant l'expression d'Aubigné, gagner des chausses aux compagnons, > on voit quels beaux atours on se procurait au pillage des châteaux.
Reprenons notre récit :
Lorsque l'armée royale se mit en campagne à la poursuite de Condé, repoussé dans sa tentative sur les faubourgs de Paris, Brantôme ne la rejoignit qu'à Étampes, où était le rendez-vous général. Retenu qu'il était pour quelques affaires cou possible pour l'amour, » il avait envoyé devant lui ses gens et son bagage, il n'avait pour suite qu'un homme et un postillon. Quand il voulut sortir de la ville, il lui survint une petite aventure qu'il a racontée gaiement, c Estant, dit-il, entre les deux portes de Saint-Jacques, voycy venir la garde, qui estoit grosse et grande, et qui se faisoit fort estroictement en ce temps, et entre autres un grand homme, marchant du quartier de Saint-Jacques, qui portoit une grant' hallebarde et une cuyrasse, qui arreste fort rudement mon postillon et prend la bride de son cheval. Je m'avance et crie : t Mort-Dieu! c l'homme à la grand'barbe, que voulez-vous faire? * Il vint à moy aussitost, et, me présentant la poincte de l'hallebarde, il me dist : « Mort-Dieu ! l'homme sans c barbe, je veux vous a r rester. Où est vostre passe- « port? Ne sçavous pas l'ordonnance qui a été faite, « de ne sortir sans passeport du prévost des mar- « chans? » Tout à coup je me vis entourné de cent poinctes d'espées, de picques et d'hallebardes. Ce fut donc à moy à monstrer mon passeport (car je l'avois),
et luy dire qu'il le devoit demander plus honnestement et doucement, et que je n'estois bastant pour, faire teste à un corps-de-garde si remply. Toutesfois, après belles excuses, nous fusmes amis comme devant ; et, estant arrivé, j'en fis le conte à feu M. de Guy se, qui le trouva bon, tant de la demande que de la responce, et en rit bien, ensemble plusieurs de l'armée ausquelz j'en fis mesmes part ; car, comme me dist M. de Guyse : « Un brave a bravé un brave ; et quictes de là tous t deux 4 ., »
Il rejoignit l'armée assez vite pour se trouver à la prise de Blois (juillet) ou il vit pendre force huguenots, à la prise de Bourges et au long et meurtrier siège de Rouen, sur lequel il nous a conté bien des particularités intéressantes 2 , puis enfin à la bataille de Dreux, la première à laquelle il eût assisté. Aussi lui a-t-elle laissé des souvenirs qu'il a, suivant son habitude, dispersés dans ses divers Discours, et il est plus d'une de ses pages qui pourrait fournir à un peintre un sujet de tableau. Telle est, entre autres, celle où il nous dit sa