‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 52 sur 291 · T. IV, p · texte numérisé non relu

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connétable. Il avait été fait prisonnier par Damville, qui l'amena au duc de Guise, son ennemi mortel, c Quant il luy fut présenté, dit Brantôme, il luy fit force honneur et bonne chère, le retira avec luy, luy présenta la moytié de son lict, et couchèrent tous deux ensemble aussi familièrement comme si jamais n'eussent estez ennemis, mais comme bons amis et cousins germains qu'ilz estoient. » 11 avait défendu qu'on le vît, c car une personne affligée n'ayme guières ceste veue

ni Visitation J'eus pourtant crédit de le voir assis

près d'un fœu, faisant démonstration grande de sa douleur et d'une appréhension grande. On lui porta à soupper et souppa. Puis, tout le monde retiré et M. de Guyze se voulant coucher, il donna congé à un chascun, non sans avoir demeuré longtemps assis près du fœu à causer de la battaille parmy nous, où chascun y estoit receu pour son escot et pour son dire. Luy et M. le Prince couchèrent ensemble 1 . »

« Le sort de la guerre, dit éloquemment Aubigné, couvrit de mesme linceus et enveloppa de mesme rideaux les regrets cuisants, le despit, les méditations de ressources et la vengeance du vaincu ; et de l'autre costé les joyes retenues, les hautes espérances et les sages courtoisies du victorieux 2 . »

Parmi les incidents de cette bataille, il en est un dont Brantôme seul a parlé, ce me semble, et qui mérite d'être cité. A cette époque, où il était du devoir d'un général d'armée de payer de sa personne, comme le plus vaillant de ses soldats, il était admis qu'il fit

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