‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 53 sur 291 · Hist. univ., liv. III, ch. xv, 1. 1, col · texte numérisé non relu

Hist. univ., liv. III, ch. xv, 1. 1, col

prendre à des gens de sa suite, lesquels s'en trouvaient fort honorés, le costume, les armes, les marques quelconques pouvant le désigner aux ennemis, c Je crois, s'écrie Richard III, je crois en vérité qu'il y a six Richemonts sur le champ de bataille. Aujourd'hui, j'en ai déjà tué cinq que j'ai pris pour lui 4 . » A Fornoue, Charles VIII avait à ses côtés sept jeunes gentilshommes armés et habillés comme lui 2 . Le cheval favori de Guise, le Moret, « un des beaux et bons genêts qui sortit, il y a longtemps, du royaume de Naples, » était connu de tous. Le duc, qui avait annoncé qu'il n'en voulait pas monter d'autre le jour de la bataille, s'en garda bien ; sachant que, signalé par ce « beau genêt », il serait le point de mire des ennemis, il le donna à son écuyer italien, Hespany, * qui, pour avoir été pris pour luy , mourut de plus de vingt coups de pistollets 3 . » Par surcroît de précaution, mais ce n'est pas Brantôme qui nous le raconte, il avait fait revêtir ses armes à son lieutenant, le vieux La Brosse, dont nous venons de parler, et qui, comme l'écuyer, paya de sa vie l'honneur d'être confondu avec son général 4 . Ce n'est pas ainsi que Henri IV combattit à Ivry.

Les relations de la bataille ne nous manquent point, mais on n'a malheureusement pas recueilli celle qui aurait été peut-être la plus intéressante. Un mois

Page 1