‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 54 sur 291 · Aubigné, Hist. univ., 1626, t. I, col · texte numérisé non relu

Aubigné, Hist. univ., 1626, t. I, col

après sa victoire, le duc de Guise alla trouver à Blois la reine, qui venait d'y arriver. Au moment où die se mettait à table, lorsqu'en sa qualité de grandmaître il lui eut donné la serviette, « il luy demanda c si après son disner il luy plairoit de luy donner auc diance. » — La reyne, estonnée de ce mot : c Jésus ! t mon cousin, luy dist-elle, que me dites-vous? » — c Je le dis, madame, dist M. de Guyze, parce que je c voudrais bien vous représenter devant tout le monde c tout ce que j'ay faict depuis mon département de c Paris, avec vostre armée, que me donnastes en c charge avec M. le connestable, et vous présenter c aussi tous les bons capitaines et serviteurs du roy t et de vous, qui vous ont fidellement servy, tant vos c subjectz qu'estrangers, et des gens de cheval et de c pied. » Et en telle compaignie il arrive devant la reyne, qui a voit achevé de disner. Après luy avoir faict une grande révérence, comm' il sçavoit très-bien son devoir, il luy alla discourir tout le succez de son voyage despuis son partement de Paris; et, venant sur la battaille de Dreux, il la discourut et la représenta si bien et si au vif que vous eussiez dict que l'on y estoit encor Sa harangue dura assez longtemps qu'un chascun oyoit fort attentivement sans le moindre bruict du monde, et aussi qu'il disoit si bien

qu'il n'y eust nul qui n'en fust ravy Quand à moi,

je ne vis jamais mieux dire que dist lors ce prince 1 . »

Dans la distribution des louanges qu'il donna aux

compagnons d'armes qu'il avait amenés avec lui, je

suis persuadé qu'il n'oublia point son jeune ami, Pierre

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