‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 55 sur 291 · Brantôme, t. IV, p · texte numérisé non relu

Brantôme, t. IV, p

de Bourdeille, qui, sans cela, n'aurait peut-être pas trouvé la harangue si belle; mais, comme à l'ordinaire, il ne s'est point départi de l'extrême réserve qu'il a cru devoir garder quand se présentait l'occasion de parler de ses prouesses à la guerre. C'était pourtant sa première campagne.

Quelques semaines après, le pistolet de Poltrot délivrait les protestants de leur ennemi le plus redoutable (24 février 1563) 1 . L'édit de pacification, dit Êdit d'Arnboise (1 9 mars 4 563) , qui suivit la mort du grand capitaine, mit fin momentanément à la guerre civile, mais la guerre étrangère commença. Il fallait à tout prix arracher à l'Angleterre le Havre, que lui avaient livré les protestants, crime impardonnable qui avait soulevé contre eux autant d'indignation que la prise de Calais par Guise (1 558) avait causé de joie dans toute la France. Catherine de Médicis, — et c'est là l'époque glorieuse de sa vie, — déploya pour y parvenir une habileté, une activité et un patriotisme qu'on ne saurait assez louer. Elle força les réformés à se joindre à elle pour combattre leurs anciens alliés, alla avec le jeune roi se mettre à la tête de l'armée assiégeante, et Brantôme la vit, comme à Rouen 2 , s'exposer au feu avec la plus rare intrépidité 3 . La capitulation de la ville (23 juillet 4563) et

1. Brantôme, comme témoin oculaire, nous a donné des détails très intéressants sur ses derniers moments et sur son assassin qu'il avait vu plusieurs fois dîner à la table du prince.

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