‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 61 sur 291 · T. VII, p · texte numérisé non relu

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Quelques semaines plus tard, le 1 3 mars 1 564, la cour quitta Fontainebleau pour commencer ce voyage à travers la France qui dura jusqu'au 1 er mai 1566. Il est probable que Brantôme la suivit quelques mois et qu'avec elle il assista aux fêtes célébrées à Bar-le-Duc (7 mai) , lorsque le roi tint sur les fonts de baptême le premier fils du duc de Lorraine. Mais la monotonie de cette longue promenade ne pouvait suffire à son besoin d'activité, et il saisit avec empressement l'occasion que lui offrit l'expédition organisée par Philippe II contre une forteresse de la côte nord du Maroc, appelée le Peîion de Vêlez 1 . Il alla rejoindre à Malaga la flotte qui portait 1 0,000 hommes de pied, cent cinquante chevaux et un grand nombre de brave noblesse, dit de Thou, et avait été en partie fournie par divers états d'Italie, par le Portugal et par l'ordre de Malte. Elle partit le 29 août 1564 et, deux jours après, débarqua les troupes à cinq milles du Penon. « C'est, dit Brantôme, une haute roche où il y avoit une forteresse fort mal aisée à monter et à battre ; et dedans y pouvoit avoir quelques soixante Turcs naturelz ; mais ils s'effroyarent et s'en allarent, n'ayant tenu que trois à quatre jours 1 . > Si cette conquête qui eut un grand retentissement avait été facile, les vainqueurs eurent de rudes combats à soutenir au moment de leur retraite et de leur rembarquement.

L'expédition terminée, Brantôme ne songea pas à revenir directement en France, où la cour continuait à voyager. Il profita des facilités que lui offrait le retour des navires dans leur pays pour se rendre à Lisbonne.

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Il eut la chance d'y rencontrer un certain capitaine portugais, nommé Merchior, qui, avec un autre capitaine, Montmor, gascon celui-là, avait été envoyé près du roi de Fez par Antoine de Navarre, lorsque ce prince cherchait partout des alliés contre l'Espagne pour l'aider à reconquérir son royaume : « Il m'en entretint fort un jour, dit-il 1 , et me fit toute bonne chère, ayant veu ma mère dame d'honneur de la reyne de Navarre en sa court ; et ne bougeoit d'avecques moy à me faire monstrer tout plain de singularitez, et quand j'ai lois veoir le roy et la reyne, sœur de l'empereur 2 . » Là il y vit la fille de la reine Éléonore, Marie, infante de Portugal, « très sage et vertueuse princesse, » qui s'était prise de passion pour le grand prieur lorsqu'il avait, quelques années auparavant, séjourné à Lisbonne avec ses galères. « Elle luy fit tout plein de beaux présens ; entre autres luy bailla une chaisne pour pendre sa croix (de Malte), toute de diamans et rubis, et perles grosses, proprement et richement élabourée; et pouvoit valloir de quatre à cinq mill'escus et luy faisoit trois tours. Je croy qu'elle pouvoit bien valloir cela, car il l'engageoit tousjours pour trois mill'escus, ainsi qu'il fit une fois à Londres lorsque nous tournions d'Escosse ; mais aussitost estant en France il l'envoya désengager, car il l'aymoit pour l'amour de la dame de laquelle il estoit encaprissé et fort pris; et croy qu'elle ne l'aymoit pas moins 3 . »

Brantôme ne paraît pas être resté longtemps en

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