‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 62 sur 291 · T. IX, p · texte numérisé non relu

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Portugal où il reçut un honneur dont il fut très fier. Le roi le décora de son ordre de YHabito de Chiïsto*. De Lisbonne, il s'embarqua pour Bayonne* et arriva à Madrid au moment où de tous côtés on célébrait par des réjouissances la convalescence de la reine Elisabeth, qui l'accueillit de la manière la plus gracieuse. « Elle me fist, dit-il, l'honneur de parler à moy et de m'entretenir souvent tant que je fuz là, me demandant des nouvelles, à toute heure, du roy, de la reyne sa mère, de Messieurs ses frères, de Madame sa soeur, de tous ceux et celles de la court, n'oubliant à les

nommer toutes et tous et s'en enquérir Elle me

fist présentter par le duc d'Albe au roy d'Hespaigne qui me fist fort bonne chère et me demanda des nouvelles de la conqueste (du Penon de Vêlez) et de l'armée 3 Il fît plus d'estime de moy qu'il n'eust fait

quant il m'entendit parler sa langue ; comme de vray pour lors je la parlois très bien, et s'en estonna 4 . »

La première fois qu'il était allé faire la révérence à la reine, et comme il devisait avec elle, on la prévint de l'arrivée de la princesse d'Espagne, Jeanne, mère du roi de Portugal 5 : « Soudain elle me dist : € Ne « bougez, monsieur de Bourdeille; vous verrez une

2. C'est ce qu'on peut conclure d'une phrase où il raconte qu'en s'en allant en Espagne, il passa à Bayonne, où il trouva le fils de Monluc, Peyrot, qui faisait construire deux fort beaux navires, et qui lui conta ses projets d'expédition (t. IV, p. 41).

3. T. VIII, p. 12. — Elle le présenta aussi à Don Carlos et à Don Juan.

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