‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 63 sur 291 · Rodomontades espaignolles, t. VII, p · texte numérisé non relu

Rodomontades espaignolles, t. VII, p

i 5. Jeanne, fille de Charles-Quint, veuve de Jean, prince de Portugal.

« belle et honneste princesse ; vous vous plairez à la « voir. Elle sera bien aise de vous voir et de vous « demander des nouvelles du roy son filz, puisque « vous l'avez veu. » Et, sur ce, voycy madame la princesse arriver, que je trouvay très belle, à mon gré, fort bien vestue, et coiffée d'une tocqueà l'espaignolle, de crespe blanc, qui luy baissait fort bas en poincte sur le nez, et vestue, non autrement en femme vefve, à l'espaignolle, car elle portoit de la soye quasi ordinairement. Je la contemplé et admiré d'abord, et si fixement que, sur le poinct que j'en devenois ravy, la reyne m'apella, et me dist que madame la princesse vouloit sçavoir de moy des nouvelles du roy son filz ; car j'avois bien ouy qu'elle luy disoit comm'elle parloi t et entretenoit un gentilhomme du roy son frère, qui venoit de Portugal. Sur ce, je m'aproche d'elle, et, en luy baisant sa robe à l'espaignolle, elle me recuillit fort doucement et privément ; et puis se mit à me demander des nouvelles du roy son filz, et de ses déportemens, et ce qu'il m'en sembloit ; car alors on parloit de vouloir traicter mariage entre luy et madame Marguerite de France, seur du roy, maintenant reyne de Navarre 4 . Je luy en contay prou; car je parlois alors l'espaignol aussi bien ou mieux que mon françois. Entre autres de ses demandes, me fit ceste-cy : Si son dit filz estoit beau et à qui il ressemblent ? Je luy dis que c'estoit un des plus beaux princes de la chrestienté, comme certes il estoit, et qu'il la ressembloit du tout, et que c'estoit le vray image de sa beauté : dont elle en fit un pettit soubriz et rougeur

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