‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 64 sur 291 · Voy. les Lettres de Catherine de Médicis, t. III, passim · texte numérisé non relu

Voy. les Lettres de Catherine de Médicis, t. III, passim

de visage, qui monstra un aise de ce que je luy avois dit. Et après avoir assez longtemps parlé à elle, on vint quérir la reyne pour souper et par ainsi les deux sœurs se séparèrent ; et la reyne me dist alors (qui s'amusoit un peu à la fenestre et nous oyoit pourtant) en riant : « Vous luy avez fait un grand plaisir de luy « avoir dit ce que vous luy avez dit de la ressemblance c de son filz. » Et puis me demanda ce qu'il m'en sembloit, si je ne Pavois pas trouvée une honneste femme, et telle qu'elle me l'avoit dit ; et puis me dist : « Je croy qu'elle désireroit fort d'espouser le roy mon c frère, et je le voudrais. » Ce que je sceuz bien reporter à la reyne mère du roy, quand je fus de retour à la court, qui estoit pour lors à Arles en Provance. Mais elle me dist qu'elle avoit trop d'aage sur luy, et qu'elle seroit sa mère 4 . »

La reine ne cessa de l'accabler de prévenances. Étant resté deux jours sans aller la voir, elle s'informa, et, ayant appris que c'était un mal de dents gagné sur mer qui le retenait au logis, elle lui dépêcha son apothicaire : c II m'apporta, dit-il, d'un' herbe très singulière pour ce mal ; que, la mettant et tenant dans le creux de la main, soubdain le mal se passe comme il me passa aussitost 2 . »

Dans un de leurs fréquents entretiens elle lui parla de son désir de venir en France voir sa mère ; à son retour il s'empressa d'en informer Catherine 8 . La pro-

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