La cour y resta jusqu'au 7 décembre
4. Elle était veuve de Jean d'Anebaut, tué à la bataille de Dreux. Le mariage eut lieu le 4 septembre 1565.
Je ne crois pas que son absence ait été fort longue ; il devait avoir hâte de se retrouver à la cour, qui s'acheminait lentement à cette entrevue de Bayonne pour laquelle il avait été le premier porteur de parole. En tout cas, il était à Bordeaux pendant le séjour qu'elle y fit au mois d'avril 1565 S et là fut témoin d'un fait qui donne une idée, malheureusement trop exacte, du gaspillage auquel étaient abandonnées toutes les branches de la fortune publique. Strozzi, mestre de camp de la garde du roi, était allé avec lui et plusieurs de ses capitaines assister au dîner du connétable de Montmorency, qui, en le complimentant sur la bonne tenue de ses officiers et de ses soldats, lui annonça qu'ils seraient payés le jour même. « H. d'Ëstrozze lui dict : « Monsieur, ils voudraient vous faire une prière : c'est « que le bois est cher en ceste ville, et se ruinent pour « en achepter, car il faict froid ; ils vous supplient de c leur vouloir donner un navire qui est sur la grave, « qui ne vaut rien, qu'on appelle le navire de Mont- « réal 7 pour le despecer et s'en chauffer. — Je le veux, « dict M. le connestable; qu'ilz y aillent tantost et y « mènent leurs goujats , et le mettent en cent mille « pièces, et s'en chauffent très bien. »
« Par cas, il y avoil là présens quelques jurats de la ville et conseillers de la court qui le voyoient disner, et luy voulurent remonstrer que cela n'estoït pas bien faict, et que c'estoit grand dommage du desfraude ment 2 de ce beau navire, qui estoit de trois cens tonneaux, qui pourrait encor servir : « Et qui estes-