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qu'elle marchoit, luy advint de faire un faux pas ; oe gentilhomme s'advance aussytost pour la redresser et luy ayder. Elle le renvoya bien loing, avecques un certain desdain et rabrouement, disant : Jésus t Y quai discrétion de Frances ! Elle estoit bien vrayment desdaigneuse et glorieuse, de rendre le mal pour le bien et payer la courtoisie par la discourtoisie. Le gentilhomme luy eust bien rendu son change ; mais il n'osa, pour le respect de la reyne, sa maistresse, qui le sceut et luy (à la demoiselle) en fit une remonstrance 4 . »
La cour se remit en route le 1 S juillet. Le 22 décembre elle arriva à Moulins, où, par suite d'une maladie du roi et des graves affaires qui s'y traitèrent** elle séjourna jusqu'au 83 mars 1566. Il y eut, entre autres, une assemblée des grands du royaume d'où sortit la célèbre ordonnance, dite de Moulins, sur la réformation de la justice, rédigée par le chancelier de l'Hospital. Ce fut peut-être là, je crois, que Brantôme entra en relations avec cet illustre homme d'État, dont il ne parle qu'avec respect et admiration, et qu'il proclame « avoir esté le plus grand chancelier, le plus sçavant, le plus digne et le plus universel qui Ait
jamais en France 3 G'estoit, dit-il, un censeur Caton
celuy-là et qui sçavoit très bien censurer et corriger le monde corrompu
c Tous les estats le craignoient, mais sur tous messieurs de la justice, desquels il estoit le chef; et