‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 78 sur 291 · T. V, p. 395. — Cf. t. IX, p · texte numérisé non relu

T. V, p. 395. — Cf. t. IX, p

2. c Romegas et Saint- Aubin son compagnon, des prises qu'ils avoient faites, avoient force argent placé en banque. Aussi, bien fol est celuy qui s'oublie et qui a la main à la paste n'en prend, comme Ton dict. » (T. V, p. 236.)

tousjours aymé, cognu et bienvenu des roys mes maistres, des grandz seigneurs et princes, de mes reynes, de mes princesses, bref, d'un chascun et chascune, qui m'ont eu en tel estime, que, sans me vanter, le nom de Branthôme y a esté très-bien renommé 1 . »

Les Français restèrent à Malte jusqu'au moment où Ton eut la certitude que Soliman avait renoncé à une nouvelle expédition *, mais avant de partir la plupart s'engagèrent, comme Brantôme, Strozzi et le comte de Brissac, à revenir si le grand-maître donnait suite à son projet de faire soulever la Grèce. Ils lui devaient bien cela pour reconnaître sa magnifique hospitalité, c Tant que nous fusmes là il nous logea et deffraya tous, et si estions force bouches ; et bien malheureux estoit celuy qui en départissoit mal content; car il nous faisoit à tous meilleur traictement et honneur qu'il ne nous appartenoit 3 . »

Il espérait, quand il reprit la mer avec ses compagnons, pouvoir tenir la promesse qu'il avait faite à la marquise del Gouast de la visiter à son retour. Malheureusement les galères qui les ramenaient sur le continent les débarquèrent à Terracine; ils se rendirent

2. Cette détermination fut causée par l'incendie de l'arsenal de Constantinople, incendie allumé par des émissaires du grandmaître.

3. T. Y, p. 233. « Outre plus, ce vénérable et généreux grand maistre fit escrire et enroller dans un livre les noms et surnoms de tant de gentilzhommes, soldatz et capitaines qui estaient là, et les fit enregistrer, mettre et enserrer parmy les arches de leur Religion très-précieusement, à perpétuité et mémoire. » (lbid., p. 408.) Ce livre doit exister encore dans les archives de Malte, et il serait à désirer qu'il fût publié quelque jour. Plus d'une famille y trouverait un titre d'honneur.

alors à Rome, puis son frère et lui gagnèrent Venise, d'où ils comptaient aller rejoindre l'armée chrétienne en Hongrie; la mort de Soliman les fît renoncer à leur dessein. « Ce fut là où je maudis cent fois mon malheur que ne fusse retourné aussi bien à Naples, où j'eusse bien passé mon temps. Et possible, par le moyen de madite dame la marquise, j'y eusse rencontré une bonne fortune, fust par mariage ou autrement ; car elle me faisoit ce bien de m'aymer 4 . »

Pendant ce second séjour à Rome, il leur survint un incident assez fâcheux, dont servit à les tirer le bon souvenir que leur avait gardé Pie V. Il arriva à quelques-uns d'entre eux, que Brantôme ne veut pas nommer, de faire gras la veille de la fête de Notre-Dame d'août. L'inquisition s'en plaignit au pape et lui demanda le châtiment des coupables, c Sa Saincteté, sans s'esmouvoir, respondit que, possible, Pavoientilz faict par mesgarde et inadvertance, et qu'ilz n'en sçavoient rien, car enfin c'estoient gens de guerre qui ne pouvoient sçavoir vigille ny feste comme le prebstre ; par quoy il s'en falut enquérir pour cela, et qu'il n'estoit vraysemblable ny qu'il peust croyre qu'ilz l'eussent faict par mespris de l'Eglise, veu leur bon zelle et affection qu'ilz avoient monstre en ce voyage et à Dieu, pour le venir servir, et partir de si loing, laisser leurs pères, mères, femmes, enfans, frères, leur pays, leur aise, leur fortune et leur roy ; et que telles indices et voyages de huict cens lieues, faisoit assez parestre leur saincte dévoction à Dieu. Par quoy commanda que, sans procéder plus avant, qu'on s'en enquist ; et

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