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trouva l'on qu'ilz estaient innocens et insciens de la feste, comm' il estoit vray. Si est-ce que pourtant qu'il sçavoit bien que parmy nous il y en avoit une cinquantaine d'huguenotz, comme le jeune Clermont- Tallard, le jeune Bourdet, Romegou, Espaux et force d'autres, tant de leur suittes qu'autres ; mais il n'en sonna mot, couvrant et palliant leur erreur par Fardant zelle qu'ilz avoient porté là pour servir Dieu,
« M. de Villeparisis nous dist la bonne voulonté du pape qu'il nous portoit à tous, avec admonestation pourtant d'estre tous sages, et ne sonner mot de la religion, comme M. le grand maistre en fit de mesmes 1 . »
Us eurent bientôt l'occasion de prouver au Saint- Père leur reconnaissance. Il ne restait plus dans la ville qu'une centaine de Français, et entre autres Brantôme et son frère, qui se disposaient à partir, quand « nouvelles estant venues subitement que l'on avoit descouvert vers la plage romaine et Hostie quelques galères galliottes et fustes turquesques ; le pape et toute la ville en furent en très grand' rumeur, » si bien qu'à minuit on leur dépêcha Troïle Ursin pour les supplier de ne point les abandonner jusqu'à ce que le danger fût passé, c Ce que volontairement nous luy accordasmes, car nous ne demandions pas mieux : dont Sa Saincteté s'éjouyst tellement qu'il dist : Non havemo che terrier, poi che questi buoni Francesi son nostri. Enfin, ce ne fut rien de ceste allarme, car les corsaires ne firent qu'escumer et passer; et amprès nous en tournasmes fort joyeux avec la bénédiction et bonne grâce de Sa Saincteté 2 . »