Louis III d'Anjou
c lent deux fois que le nostre, qu'est M. de Ronsard. » Et, là-dessus, se mit à l'exalter par-dessus tous les poètes qu'il avoit jamais leu, et m'entretint tout un long temps, non seulement de ce subject, mais de plusieurs autres beaux, avec certaine douce courtoisie et affabilité de leur nature 1 . Voylàlebel honneur que déféra ce bon vieillard magnifique à M. de Ronsard, comm' il avoit raison. »
De Venise, il passa à Milan, et y resta un mois, c tant pour voir la ville, qui est des plaisantes d'Italie, que pour apprendre à tirer des armes du grand Tappe, très bon tireur d'armes 2 , » puis se rendit en Piémont. « Là, dit-il, je vis un changement aussi estrange qu'il estoit possible ; car, estant à Turin, je passai par devant la boutique d'un courdonnier, qui m' avoit servy là d'autresfois, lequel s'appelloit maistre Blaize, de la Réole, mais acasé à Turin. Soudain il me vint embrasser ; et moy, contemplant sa bouticque, où il n'avoit qu'un chétif vallet, et luy qui travailloit