‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 86 sur 291 · T. IX, p · texte numérisé non relu

T. IX, p

à l'évèque de Limoges, L'Àubespine, ambassadeur de Charles IX à Madrid. Dans la première, elle annonce au roi qu'elle a donné permission « au capitaine Chastegnières de prendre et porter sa bandière et estendart et de adjoindre avecque luy tous navires et autres vaisseaux de conserve pour faire la guerre aux infidèles, et le prie de lui assurer par lettres patentes toute protection pour aborder dans les ports qui lui appartiennent et y vendre ses prises. » Dans la seconde, elle réclame l'intervention de l'ambassadeur auprès de la reine d'Espagne et du duc d'Àlbe, auxquels elle écrit également pour obtenir qu'ils appuient sa demande 1 .

Mais les vrais infidèles n'étaient pas les musulmans, avec lesquels il y avait plus de coups que de butin à gagner. C'étaient les riches marchands dont les navires sillonnaient la Méditerranée, où les chrétiens, malgré la paix générale, se faisaient une guerre acharnée. En 1567, l'ambassadeur d'Espagne s'étant plaint à Catherine de Médicis de la prise d'un brigantin génois par le baron de La Garde, lieutenant général des galères, elle lui répondit que les Génois se comportaient assez insolemment, qu'ils avaient pris une de ses frégates, tué de ses gens, mis les autres à la chaîne et traîné dans l'eau les bannières aux armoiries du roi son fils, et qu'il ne fallait donc pas s'ébahir si ledit baron, ayant la charge qu'il avait, s'était ressenti de cet outrage 2 .

Les chevaliers de Malte n'avaient point à prendre

1. Voy. Lettres de Marie Stuart, édition Labanof, t. I, p. 95-97.

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