XII AVANT-PROPOS
» que , toi et eux , vous vous entendez sans appren- » tissage et sans effort, de ce qu'ils sont de la maison; » enfin, ce n'est pas du tout une raison pour les moins » considérer et les faire descendre dans ton estime (^). »
Voilà qui est de la plus parfaite logique et du plus pur patriotisme; mais il faut bien avouer aussi que c'est parce qu'ils sont de la maison que les contemporains les acceptent difficilement pour des individualités supérieures. Bien des gens en ce monde n'aiment pas à reconnaître que l'esprit du voisin les domine; leur amour-propre éprouve un tel froissement, qu'ils ne peuvent admettre leur infériorité près de ceux qu'ils ont connus si petits et si pauvres. Et de là cette tiédeur, cette injustice et cette basse jalousie dont on abreuve trop souvent les esprits d'élite.
A la postérité seule il appartient de juger un homme et de lui assigner le rang dont il est vraiment digne. Mais afin de bien juger, il faut d'abord examiner toutes les pièces du procès. Pour Brascassat, l'enquête est déjà commencée. A mon tour, je vais exposer sa vie et son œuvre, et je suis plein de confiance dans le jugement que rendra la postérité.
Aux études sur d'illustres artistes dernièrement publiées, je vais joindre un nouveau portrait. A l'humeur spirituelle et guerrière d'Horace Vernet, à la douce et suave physionomie d'Hippolyte Flandrin, au
(*) Nouveaux Lundis. Paris, Michel Lévy frères, 1866, t. V, p. 148,
AVANT-PROPOS. xiil
profil énergique du grand Ingres, je vais ajouter la figure éminemment honnête et mélancolique de Brascassat, dont je m'efforcerai de peindre le caractère dominaat : la conscience I
Je ne terminerai pas cet avant-propos sans témoigner ici toute ma gratitude aux personnes qui m*ont permis de suivre pas à pas cette gloire bordelaise. Avant toutes autres, à M.Théodore Bra^assat, qui a mis si complaisamment à ma disposition les mémoires de son illustre frère, ou ce que je pourrais mieux appeler ses archives de famille. Puis, suivant Tordre de leurs rapports avec le célèbre artiste, je nommerai MM. Eugène Ramade et Victor Mialhe, de Bordeaux; Arthur, de Tauriac ; Duffour et V® MassQ, de Millau; Aurèle Robert, de Bienne; Ulrich, de Zurich; Ricquier, Naigeon, Dumont, de l'Institut ; Dantan jeune et Desprez, les amis de Rome; M"® Louise Arnal, de Toulouse, nièce de Théodore Richard ; Ferdinand Chaigneau et Alfred Auteroche, élèves de Brascassat ; le sculpteur Mène, l'architecte Horeau; les critiques d'art de Chennevières, Olivier Merson, de La Chavignerie, Jules Delpit, et M. Eugène Guillaume, directeur de l'École nationale des Beaux-Arts.
Enfin, j'exprime ici toute ma reconnaissance à 5|me9 Paulinier, Paturle, comtesse de Cler mont-Tonnerre,
m AVANT-PROPOS.
Solyet, comtesse de Bouille ; et à MM. Benoît Champy, Bleymuller, Binant, Godard, Petit, Rohault de Fleury, Werlé et Roederer, de Reims, et surtout à M. Guillaume KraflTt, de Paris. Grâce à leur bienveillant accueil, j'ai pu visiter leurs riches collections, pour y puiser les éléments d'un catalogue des œuvres du maître.
BRASGASSAT